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Scepticisme dans le monde des affaires
«Est-ce qu'il n'a pas détruit Bell? Est-ce qu'on prend les restants de Teachers'?»M. Campeau rappelle que si Teachers' a voulu acheter BCE (Bell), alors dirigée par M. Sabia, c'est que la caisse de retraite ontarienne y voyait une possibilité de réussir beaucoup plus. M. Sabia avait d'ailleurs quitté BCE avant la clôture de la transaction - qui a finalement avorté.
«Il existe une perception voulant que, en matière de gestion du personnel, il soit zéro, ajoute M. Campeau. On me rapporte que de bons employés de la Caisse ont déjà appelé d'autres sociétés de placement pour quitter l'institution. On dit, à tort ou à raison, que c'est un bureaucrate rigide, sans chaleur. À l'heure actuelle, la Caisse a besoin d'un homme qui a de la chaleur, pour rassembler. Est-ce que M. Sabia apportera une vision, une inspiration?»
Il reste que Michael Sabia «a de l'expérience dans la gestion d'une grande société, ce qui n'était pas le cas d'Henri-Paul Rousseau (qui venait de la Banque Laurentienne)», fait remarquer l'investisseur Stephen Jarislowsky, qui souligne aussi les aptitudes d'analyse de M. Sabia.
«Cela étant dit, Bell est beaucoup plus facile à gérer que la Caisse», une institution que M. Jarislowsky considère aujourd'hui trop comme grosse et trop complexe.
Le processus remis en cause
Le processus de nomination soulève aussi des interrogations, notamment chez le fondateur du Mouvement d'éducation et de défense des actionnaires, Yves Michaud. «Il y a quelque chose qui ne va pas», dit-il.
«Cette nomination est faite alors que le conseil d'administration est amputé de la moitié de ses membres», ajoute M. Michaud, qui aurait préféré que ces postes soient pourvus avant de nommer le nouveau PDG.
«Il était urgent d'attendre. C'est une bien piètre démonstration de la qualité de gouvernance de M. Tessier et du gouvernement.»
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