Québec supprime 2000 postes à Hydro-Québec

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Le Budget 2013 de Nicolas Marceau

Le Budget 2013 de Nicolas Marceau

Consultez notre section spéciale sur le budget 2013 du gouvernement du Québec, déposé par le ministre des Finances Nicolas Marceau. »

Sylvain Larocque
La Presse Canadienne
Québec

Dure journée pour Hydro-Québec, mardi: le gouvernement Marois a ordonné à la société d'État de supprimer 2000 postes et a réduit substantiellement la hausse tarifaire décidée en 2010 par les libéraux.

Dans son premier budget, déposé mardi, le ministre des Finances, Nicolas Marceau, explique que les bas prix obtenus par Hydro-Québec sur les marchés d'exportation (Ontario et États-Unis) font en sorte que la société d'État se dirige vers un manque à gagner de 225 millions de dollars en 2013-14.

La situation s'explique principalement par les faibles cours du gaz naturel, qui servent de base à l'établissement des prix de l'électricité aux États-Unis.

Québec demande donc à Hydro de sabrer dans ses dépenses d'exploitation. Le gouvernement stipule que 2000 postes devront être éliminés «par attrition» d'ici à la fin de 2013, principalement dans les divisions Distribution et TransÉnergie. Au début de 2012, Hydro comptait environ 22 500 employés.

Le gouvernement péquiste reprend ainsi en partie un engagement électoral de la Coalition avenir Québec.

Avec ces économies, Québec prévoit qu'Hydro pourra dégager un bénéfice net de 2,725 milliards $ en 2013-2014, soit ce que le gouvernement précédent avait projeté.

«Compte tenu de l'urgence de la situation pour le retour à l'équilibre budgétaire», le gouvernement sera pour l'avenir prévisible le seul bénéficiaire des réductions de dépenses d'Hydro-Québec. Les péquistes promettent toutefois qu'au cours des prochaines années, un mécanisme sera mis en place pour faire en sorte que les consommateurs en profitent également par la voie des tarifs.

En 2012-13, les profits nets d'Hydro-Québec devraient atteindre 2,625 milliards de dollars si l'on exclut la perte de 1,8 milliard liée à la fermeture de la centrale nucléaire Gentilly-2. Cette perte de 1,8 milliard $ gonflera d'autant le déficit du gouvernement, qui atteindra 3,3 milliards en 2012-2013 plutôt que la prévision de 1,5 milliard. Québec souhaite modifier la Loi sur l'équilibre budgétaire pour légaliser cette entorse, mais l'appui de l'opposition n'est pas acquis.

Le gouvernement calcule que la fermeture de Gentilly-2 aura un impact positif net de 4 milliards $ sur les finances d'Hydro pour la période allant de 2017 à 2043.

Bloc patrimonial

Le ministre Marceau a par ailleurs annoncé mardi l'annulation de la hausse du tarif du bloc patrimonial d'électricité, lequel devait passer de 2,79 à 3,79 cents le kilowattheure entre 2014 et 2018. Ce tarif, qui est largement inférieur aux coûts de production, s'applique aux premiers 165 térawattheures consommés chaque année par les Québécois.

L'augmentation d'un cent le kWh sera toutefois remplacée par une indexation annuelle au coût de la vie du tarif du bloc patrimonial.

«Après cinq ans, pour une maison de taille moyenne, cela représentera une économie de 288 $ par année», a déclaré Nicolas Marceau à l'Assemblée nationale.

À cette indexation pourraient s'ajouter des hausses autorisées par la Régie de l'énergie. Au cours des deux dernières années, toutefois, l'organisme a plutôt décrété de légères baisses tarifaires en raison notamment de la faiblesse des taux d'intérêt, qui réduit les coûts d'Hydro.

Le remplacement de la hausse d'un cent le kWh par l'indexation annuelle aura pour effet de réduire substantiellement les versements du gouvernement au Fonds des générations, qui vise à réduire la dette publique. Ainsi, en 2014-2015, 95 millions seront versés au Fonds, soit 220 millions de moins que prévu jusqu'ici.

Enfin, le gouvernement péquiste permettra au vérificateur général de mener des «vérifications d'optimisation des ressources» chez Hydro-Québec et dans les autres entreprises du gouvernement, dans l'espoir de trouver de nouvelles sources d'économies.

Loto-Québec et SAQ

Québec demande également des efforts à Loto-Québec et à la Société des alcools (SAQ). Loto-Québec devra augmenter ses revenus de 50 millions en 2013-2014 et de 90 millions en 2014-2015. Le gouvernement espère que la rénovation en cours des casinos de Montréal et du Lac-Leamy ainsi que le remplacement des 12 000 appareils de loterie vidéo par des modèles «de troisième génération» permettront à la société d'État de mieux concurrencer les offres de jeu illégales. Selon le gouvernement, Loto-Québec recevait en 2009 68,2% des dépenses dans les jeux de hasard et d'argent, contre 82,9% en 2002.

À la SAQ, on table sur des économies annuelles de 15 millions. Par contre, le gouvernement ne demande aucun effort particulier à la Caisse de dépôt et placement du Québec. Il faut cependant noter que les résultats financiers de l'institution n'ont pas vraiment d'impact sur les comptes de l'État.

Fait intéressant, le ministre a affirmé mardi ne plus être certain qu'il faille apporter une modification législative au mandat de la Caisse pour donner plus d'importance au développement économique du Québec. Il s'agissait d'un engagement électoral du Parti québécois, mais la semaine dernière, les agences de notation de crédit DBRS et Standard & Poor's ont prévenu qu'elles verraient d'un très mauvais oeil un tel changement.

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