Subvention canadienne pour l'emploi: Ottawa va de l'avant

Malgré les avertissements de Québec, Ottawa va de l'avant avec la subvention... (Photo Patrick Doyle, PC)

Agrandir

Photo Patrick Doyle, PC

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Dossiers  »

Budget fédéral 2014

Budget fédéral 2014

Consultez notre section sur le budget 2014 du gouvernement du Canada déposé par le ministre des Finances, Jim Flaherty. »

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne
OTTAWA

Malgré les avertissements de Québec, Ottawa va de l'avant avec la subvention canadienne à l'emploi dans son budget 2014. Et la province a intérêt à se dépêcher pour régler cette pomme de discorde: si les négociations n'ont pas abouti au 1er avril, le programme sera quand même en place, avec ou sans le Québec.

Pourtant, le message de Québec au fédéral avait été clair: ne touchez pas à la formation de la main-d'oeuvre.

Le gouvernement de Pauline Marois n'appréciait pas cette ingérence dans sa juridiction en matière d'emploi. Il veut donc se retirer du programme fédéral, avec pleine compensation.

Mais Ottawa ne l'entend pas de cette façon et précise dans le budget déposé mardi qu'en avril, le programme sera mis en oeuvre, avec ou sans les provinces.

Pour celles qui ne se seront pas entendues avec Ottawa, l'argent sera versé à Service Canada directement. Et les entreprises pourront s'en prévaloir. Et tout cela, sans aucun apport ni contrôle de Québec.

Il s'agit vraisemblablement d'un irritant majeur pour Québec dans le budget du ministre des Finances, Jim Flaherty.

Mais le lieutenant politique de Stephen Harper pour le Québec, le ministre Denis Lebel, refuse toute allusion à une réaction négative de Québec, qui risque de ne pas apprécier que le fédéral lui passe par-dessus la tête.

«Notre gouvernement va continuer à négocier avec les provinces, a-t-il insisté en point de presse, mardi. L'idée est d'avoir une entente avec Québec comme avec les autres provinces.»

Mais il ne reste qu'un mois et demi pour conclure les négociations qui étaient déjà tendues.

Québec avait déjà un modèle bien à lui, qui prenait notamment en compte le point de vue des employeurs pour l'allocation des budgets de formation. En vertu de l'ancienne entente, il touchait 116 millions $ d'Ottawa, qu'il allouait principalement à la formation destinée à combler les besoins des petites et moyennes entreprises.

Dans son plan initial de 2013, le fédéral souhaitait la mise en place de subventions pouvant atteindre 15 000 $ par travailleur; Ottawa, les provinces et les employeurs ayant à contribuer à parts égales en fournissant chacun 5000 $. Ottawa a depuis renoncé à exiger leur contribution financière.

À la veille du dépôt du budget, Québec avait aussi dit à Ottawa de ne pas toucher aux règles hypothécaires, ce qui semble avoir été respecté. Les quelques changements annoncés ne semblent pas directement affecter le marché immobilier.

Le grand argentier fédéral a aussi annoncé 165 millions $ sur deux ans pour la construction du pont Champlain. De l'argent frais, précisent les fonctionnaires présents au huis clos des médias. Tout comme les 378 millions $ alloués pour la progression des travaux d'entretien des ponts fédéraux dans la région de Montréal. En ce qui concerne le pont Champlain, l'argent servira à défrayer des études d'ingénierie, l'acquisition de terrains et la gestion de projet.

Pour le ministre Lebel, ces nouveaux fonds ne signifient pas que l'état du pont s'est détérioré. Il s'agit de la réponse donnée aux recommandations du rapport de septembre dernier de la firme Buckland & Taylor mandatée pour évaluer l'état du pont, a-t-il déclaré.

Et comme si le fédéral ne l'avait pas assez répété, il a inscrit noir sur blanc que le péage sera de la partie, au grand dam de Québec et des municipalités environnantes.

Le budget ne répond évidemment pas à toutes les demandes du gouvernement québécois.

Par exemple, il n'y a pas un mot sur le crédit d'impôt pour les fonds de travailleurs, aboli dans le budget 2013. Québec voulait qu'Ottawa revienne sur sa décision, mais son silence laisse présager que cela ne sera pas le cas.

Ottawa se mêle aussi de la formation en emploi pour les personnes atteintes de déficiences intellectuelles et de troubles autistiques. Il confie des sommes à deux organismes dont un qui n'a pas encore pignon sur rue au Québec. L'initiative Ready Willing & Able recevra 15 millions $ sur trois ans et a l'intention de s'en servir notamment pour ouvrir des centres partout au pays, qui favoriseront l'embauche de ces travailleurs. Le programme Community Works, qui n'a pas d'équivalent en français, est géré par une fondation basée à Calgary. Elle reçoit pour sa part 11,4 millions $ afin d'offrir des programmes de formation professionnelle.

Pour l'enveloppe destinée au Québec du fonds Chantiers Canada pour les infrastructures, la province a demandé que le versement lui soit fait en un seul bloc. Le budget est muet à ce sujet.

Tel que promis, le gouvernement de Stephen Harper n'a pas coupé dans les paiements de transfert aux provinces, mais ne les a pas augmentés non plus, comme le souhaitait Québec.

Et M. Flaherty ne laisse toujours pas tomber son projet de commission nationale des valeurs mobilières à laquelle Québec s'oppose férocement. La Cour suprême ayant signalé au ministre fédéral des Finances que sa mouture originale de commission ne respectait pas la Constitution canadienne, Jim Flaherty avait formulé un autre projet, décrit dans le budget 2014 sous l'appellation «organisme coopératif de réglementation des marchés de capitaux». Le ministre invite «les provinces et les territoires à participer à l'établissement du régime coopératif», est-il écrit.

Les tribunaux québécois auront quatre nouveaux juges. Avec l'Alberta qui en aura deux, Québec est la seule province à bénéficier de ces 4,4 millions $ alloués sur deux ans à la création de ces postes.

Partager

La Presse Affaires vous suggère

publicité

publicité

publicité

publicité

la liste:3762:liste;la boite:318296:box

À lire sur La Presse Affaires

Précédent |

publicité

image title
Fermer