Emmener son chien au bureau

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La présidente-directrice générale de l'Association québécoise de la... (PHOTO OLIVIER JEAN, LA PRESSE)

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La présidente-directrice générale de l'Association québécoise de la production médiatique, Claire Samson, affirme que son chien Pepper apaise les tensions durant les réunions.

Annie Bourque

Collaboration spéciale

La Presse

Chaque vendredi, Claire Samson, PDG de l'Association québécoise de la production médiatique, emmène son caniche gris à son bureau de la rue Peel, à Montréal. Les 17 employés sont ravis de sa présence. Certains lui offrent même des petites gâteries.

«C'est un gros chien doux que tout le monde adore et, en plus, c'est une race hypoallergène», explique la réceptionniste Michelle McDonough, qui est très attachée à l'animal.

De son côté, Claire Samson mentionne que son chien est de nature sociable, il est obéissant et calme. La bête apaise les tensions durant les réunions. «Si une personne lève le ton, il va la regarder. Il pense qu'il est peut-être temps de sortir. Tout le monde se regarde alors en riant», raconte-t-elle.

Ce cas est un bel exemple d'un chien qui a été bien entraîné. «Si un chien n'a pas été socialisé aux humains durant les quatre premiers mois de vie, on ne l'emmène pas au travail. Il risque d'avoir peur des étrangers et pourrait même mordre», indique Michel Lacasse, éducateur canin.

Peur des chiens

M. Lacasse a déjà reçu un appel d'un travailleur qui avait une peur bleue des chiens. «C'est au chef d'entreprise de prendre la décision qui s'impose. L'animal ne doit pas nuire à la productivité.»

De plus, la présence de la bête n'est pas toujours évidente. «Imaginez, vous êtes en train de conclure une grosse transaction au téléphone et votre chien pleure en arrière-plan.»

Spécialiste du comportement animal, Jacinthe Bouchard estime que de plus en plus d'entreprises autorisent leurs employés à emmener leur chien au bureau. «On veut rendre les gens plus heureux au travail. C'est une nouvelle approche, comme celle d'implanter une garderie ou un gymnase sur place.»

Mme Bouchard estime que de précieux liens se tissent entre les employés si l'un d'entre eux vient au boulot avec son pitou. «Cela élimine l'isolement entre les travailleurs et incite les gens à bouger.»

Si une dispute survient entre collègues, certains vont réfléchir à leurs paroles durant la promenade avec le chien. «Cela permet de prendre une certaine distance, surtout si l'altercation vient de se produire», ajoute M. Lacasse.

Environ une fois par semaine, quatre collègues de l'entreprise Bio Biscuit, à Saint-Hyacinthe, emmènent leur chien à tour de rôle dans les bureaux administratifs de l'entreprise. «Quand on est face à une échéance, c'est clair que cela diminue notre stress», explique Marie-Claude Dubuc, directrice en recherche, développement et marketing. Le midi, elle promène parfois son chien Tao avec d'autres collègues.

Que recommande-t-on si un employé dans l'entreprise est allergique? «La plupart des gens peuvent endurer la présence d'un chien qui passe devant eux, mais il ne faut pas le toucher», dit Mme Bouchard.

L'effet pervers

Le psychologue et zoothérapeute Georges-Henri Arenstein accueille ses clients dans son bureau à Saint-Jean-sur-Richelieu. Sa chienne Anda est toujours à ses côtés. En sept ans, il n'a jamais rencontré de clients allergiques ou réfractaires à son animal, qui reçoit de nombreuses caresses.

M. Arenstein apporte une opinion plus nuancée. «Il y a des endroits comme les bureaux d'avocats où l'animal n'a pas sa place. La nature d'un chien, c'est de jouer, courir, sortir. Cela a parfois un effet pervers. Un chien crée une atmosphère de plaisir. Pendant que les employés jouent avec la bête, le travail ne se fait pas.»

Le psychologue mentionne qu'il faut bien observer notre animal. «Si un chien s'ennuie dans un bureau austère, il finira par développer des troubles de comportement comme se gratter, japper, se mordre la queue ou même détruire des objets.»

Pour sa part, Jacinthe Bouchard rêve que les entreprises aménagent des parcs spécialement pour les chiens à proximité de leur établissement. «Pourquoi ne pas en implanter sur les toits des entreprises?», suggère-t-elle.

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