Marjorie Belzile, technicienne de chantier

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Marjorie Belzile

Marielle Rougerie, collaboration spéciale
La Presse

À toutes les deux semaines, Marjorie Belzile, 38 ans prend un Boeing 737 qui l'emmène à 1800 km de son domicile de Montréal, vers l'extrême Nord du Québec. Depuis juin 2012, elle est technicienne de chantier pour SNC-Lavalin qui agit comme consultant pour une compagnie minière.

C'est sur le tard et après quelques détours qu'elle s'est retrouvée dans le secteur minier. Originaire du Nouveau Brunswick, cette mère de deux enfants a travaillé pendant plusieurs années à Thetford Mines comme cuisinière et barmaid après avoir abandonné des études en arts plastiques et criminologie.

«Il y a six ans, après ces années à travailler dans un bar, je me suis retrouvée à un point tournant de ma vie. Il fallait que je fasse quelque chose de sérieux, que je pense à ma retraite», raconte Marjorie Belzile. Elle se dirige alors vers un orienteur. «Je suis artistique, mais j'ai un côté rationnel et une des jobs qui est sorti est géologue. J'ai hésité à retourner à l'université, mais pour des questions de coût et de facilité, j'ai choisi de faire une technique en technologie minérale option géologie au Cégep de Thetford Mines», poursuit-elle. Pour cette formation, elle a obtenu différentes bourses pour femmes étudiant dans un milieu d'hommes ou pour formation non-traditionnelle, comme une bourse du CN ou de Canadian Royalties ou encore un prix Chapeau les filles!.

Dans le cadre de sa formation, Marjorie Belzile a fait un stage dans la fosse du Labrador, important centre minier à cheval entre le Québec et le Labrador, où elle était assistante technique en géologie et faisait de l'exploration minière.

Pendant trois ans, elle a travaillé ensuite comme technicienne de l'environnement à Montréal. «Mais j'avais le goût de retourner dans le Nord, mes enfants sont devenus ados et mon chum m'a encouragée à le faire», raconte-t-elle.

Marjorie Belzile travaille deux semaines d'affilées, 7 jours par semaine et 11 heures par jour, qui sont suivies de 2 semaines de congé à la maison. Le travail se déroule la moitié du temps sur le terrain et l'autre moitié au bureau, surtout l'hiver quand il fait -50° C. Elle supervise, coordonne et fait le suivi de projets. Elle donne également du soutien aux entreprises qui viennent travailler au centre minier.

«Le complexe est une véritable petite ville de plus de 800 travailleurs avec un gymnase, une salle d'entraînement, une cafétéria. Tout est compris, le logement, le transport, la nourriture, le ménage, il y a juste le lavage que l'on doit payer», explique Marjorie Belzile.

«J'aime travailler ici, mais il faut avoir le goût de l'aventure, être débrouillard et aimer l'isolement. Le plus dur est la transition d'une vie à l'autre. Il faut passer de la routine et du confort de la maison au travail et reprendre là où la personne qui travaille en alternance a laissé.»

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