Foresterie: l'emploi reprend et les besoins sont grands

L'industrie forestière du Bas-Saint-Laurent.... (Photo Carl Thériault, collaboration spéciale)

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Photo Carl Thériault, collaboration spéciale

L'industrie forestière du Bas-Saint-Laurent.

Martine Letarte, collaboration spéciale
La Presse

Depuis des années, on entend parler de pertes d'emploi dans l'industrie forestière. Or, les employeurs sont maintenant à la recherche de main-d'oeuvre qualifiée. Les personnes visées: les nouveaux arrivants, les autochtones et les femmes.

L'Association des produits forestiers du Canada (APFC) estime que l'industrie forestière et papetière aura besoin d'embaucher 60 000 travailleurs d'ici à 2020 pour combler les besoins.

« Le Québec représente le tiers des emplois dans le domaine au Canada, on parle donc d'environ 20 000 postes », indique Robert Larocque, directeur, environnement, pour l'APFC.

Au Comité sectoriel de main-d'oeuvre en aménagement forestier (CSMOAF), on constate que le recrutement est déjà difficile pour dénicher des techniciens forestiers.

« Il y a eu une importante baisse du nombre d'inscriptions dans le programme et les finissants ne suffisent pas à la demande », affirme Annie Beaupré, ingénieure forestière et directrice générale du CSMOAF.

Elle affirme qu'on a aussi de la difficulté à recruter des élèves pour les diplômes d'études professionnelles (DEP) dans le domaine, notamment celui en abattage manuel et débardage forestier.

« Les travailleurs sont âgés, il n'y a pas de relève, explique-t-elle. On en aura besoin. »

La saisonnalité est toutefois une réalité pour plusieurs travailleurs du domaine, notamment les ouvriers sylvicoles, ce qui explique les statistiques élevées du taux de chômage.

En plus de devoir remplacer les départs à la retraite, l'industrie forestière et papetière prévoit qu'elle profitera d'une croissance au cours des prochaines années, notamment à la suite des efforts réalisés pour accroître sa présence sur le marché asiatique. De nouveaux produits ont aussi été conçus.

« Je pense par exemple aux usines de bioéthanol qui commencent à ouvrir, indique M. Larocque. Les États-Unis rebondissent après la crise économique. On aura donc besoin de 40 000 travailleurs au pays pour remplacer les départs à la retraite et de 20 000 pour réaliser la croissance. »

En plus des emplois voués à l'industrie, comme les techniciens et les ingénieurs forestiers, les employeurs s'arrachent plusieurs professionnels et gens de métiers.

« Nous remarquons par exemple que les postes de mécaniciens et d'électriciens sont particulièrement difficiles à pourvoir, affirme M. Larocque. Aussi, les scientifiques avec des maîtrises en environnement sont très recherchés parce que l'industrie s'est donnée comme défi d'augmenter ses performances environnementales de 35% d'ici à 2020. »

Pour arriver à embaucher tous ces nouveaux travailleurs, l'APFC regarde notamment du côté des autochtones, des nouveaux arrivants et des femmes.

« Nous sensibilisons nos membres pour qu'ils améliorent la qualité de vie offerte au travail, par exemple avec des postes à quatre jours par semaine, des horaires flexibles et des garderies sur les lieux de travail, indique Robert Larocque. Nous souhaitons aussi créer plus de liens avec les communautés autochtones, souvent à proximité des forêts et des usines. »

Vous avez envie de travailler en foresterie, mais vous ne souhaitez pas vous installer dans le nord du Québec? C'est possible.

« Les seules régions où on ne peut pas travailler sont Montréal et Laval, parce qu'il n'y a pas de forêt », précise Annie Beaupré.

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