Premier emploi: les pièges à éviter

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Les employeurs recherchent des jeunes qui démontrent une belle maturité, de l'autonomie et une certaine humilité, qu'il ne faut pas confondre avec faiblesse.

Annie Bourque

Collaboration spéciale

La Presse

À l'approche de la saison estivale, de nombreux finissants du cégep et de l'université s'embarquent dans une nouvelle aventure: leur premier emploi. Que faut-il savoir au sujet des heures supplémentaires, des conditions de travail et surtout de l'attitude à adopter, facteur incontournable de succès ou d'échec? Voici quelques points à surveiller.

D'abord, avoir la bonne attitude

«Si on est engagé dans une entreprise, les trois premiers mois sont extrêmement importants, estime Pierre Francq, directeur au Service de gestion de carrière à HEC Montréal, qui supervise les stages des finissants. L'employeur observe votre attitude, votre comportement et vos habiletés. C'est durant cette période qu'il faut établir votre crédibilité.»

Durant l'été, en raison du personnel en vacances, les gestionnaires ont peu de temps à consacrer aux nouveaux venus. «Dès que vous occupez un emploi, il vous faut comprendre ce qu'on attend de vous. Il faut oser poser la question: ''Est-ce que mon travail vous satisfait? ''« explique de son côté Nathalie Martin, conseillère en orientation et présidente d'Enjeux Carrière.

Pierre Francq a déjà reçu un appel d'un employeur qui a demandé de mettre fin au stage d'une étudiante en raison d'un problème d'attitude. «La jeune fille faisait preuve d'arrogance en critiquant les façons de faire de la compagnie. C'est la pire erreur.»

L'avocate Marie-Claude Perreault s'est occupée pendant six ans du recrutement des stagiaires et des étudiants en droit au cabinet Lavery de Montréal. «Certains manquent trop de confiance en eux, alors que d'autres ont une attitude de vendeur de pacotille avec une assurance désarmante, mais sans substance.»

Les employeurs recherchent des jeunes qui démontrent une belle maturité, de l'autonomie et une certaine humilité, qu'il ne faut pas confondre avec faiblesse. «Chez Lavery, nous recherchons quelqu'un qui va devenir le moteur de l'organisation. En entrevue, je constate qu'au lieu de démontrer leur enthousiasme à grandir dans notre entreprise, certains se préoccupent davantage de leurs conditions de travail et de leur bien-être.»

Heures supplémentaires

Les heures supplémentaires sont régies par la Loi sur les normes du travail. «Au Québec, une semaine de travail est d'une durée de 40 heures. Un salarié payé à l'heure a le droit de réclamer des heures supplémentaires. Dès la 41e heure, l'employé sera payé à temps et demi. S'il gagne 10,15$ de l'heure, on lui versera 15,10$», précise Johanne Tellier, avocate à la Commission des normes du travail.

En général, les employés rémunérés à la semaine s'entendent avec l'employeur afin de reprendre les heures travaillées en surplus sous forme de congé.

Mme Tellier est consciente que les jeunes hésitent à réclamer un salaire majoré. «Est-ce qu'on va me le reprocher?», se disent-ils.

C'est le cas de Stéphanie (nom fictif), une finissante en marketing à HEC Montréal en 2011, qui avoue avoir travaillé durant 50-60 heures par semaine durant 6 mois pour son premier employeur. À titre de représentante, elle gagnait un salaire de 30 000$ et une commission de 4% sur ses ventes. «Certains étudiants pensent qu'on va gagner un gros salaire dès qu'on termine à HEC, qui forme l'élite de la société. Il faut mettre son ego de côté et commencer par un travail peut-être plus difficile», affirme la jeune femme

« La compagnie, ajoute-t-elle, te donne la chance de faire tes preuves. On ne se fait pas nécessairement avoir si on accomplit de longues heures à un moindre salaire. Si on atteint nos objectifs, on est en meilleure position pour négocier son avancement.»

Les spécialistes s'entendent tous sur le même point: si on veut se démarquer dans l'entreprise, on doit faire plus que du 9 à 5.

La conseillère en orientation Nathalie Martin reçoit dans son bureau des jeunes qui se plaignent avec amertume du manque de reconnaissance. «Je leur dis: ''Si tu fais un bon travail, l'employeur te donnera d'autres mandats. Cela est une preuve d'appréciation en plus de ton salaire.''«

Formation payée S.V.P

Un premier emploi signifie souvent formation. Or, les formations doivent être payées. «Méfiez-vous de la phrase: je vais t'essayer et si tu fais l'affaire, je vais t'embaucher», dit Johanne Tellier, avocate à la Commission des normes du travail.

«De nombreuses entreprises, pour faire des économies de bouts de chandelles, ne paieront pas le temps de formation. Le jeune doit prendre son courage à deux mains et dire courtoisement: ''J'ai le droit d'être payé pendant ma formation.''«

En aucun cas l'employé au salaire minimum ne doit investir dans l'uniforme qu'il portera au travail. «C'est à l'employeur de fournir les vêtements. De plus, les frais de nettoyage doivent lui être remis. Cela fait partie de ses frais d'exploitation.»

Petit rappel: depuis le 1er mai, le salaire horaire au Québec est de 10,15$ de l'heure. Les travailleurs à pourboire gagnent 8,75$.

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Travailleurs autonomes: confusion

La Commission des normes du travail reçoit de nombreux appels au sujet des travailleurs autonomes qui n'en sont pas en réalité. «Certaines personnes reçoivent des avances de paie qu'elles doivent remettre à l'employeur. Cela est illégal si on est considéré comme un salarié à commission», précise l'avocate Johanne Tellier. Certains critères sont à considérer et doivent être dûment analysés. «Si vous travaillez exclusivement pour un même employeur dans son entreprise et qu'il détermine vos journées de travail et de vacances, les chances sont grandes que votre statut soit davantage celui d'un employé que d'un travailleur autonome», spécifie l'avocate Marie-Claude Perreault.En cas d'incertitude sur la légalité de votre statut, des agents à la Commission des normes du travail feront l'analyse de votre dossier.

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