Chercher un emploi à 50 ans

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Mise à pied, ennui, besoin d'accomplissement, problèmes financiers: bien des... (Photo: Reuters)

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Mise à pied, ennui, besoin d'accomplissement, problèmes financiers: bien des raisons poussent aujourd'hui des gens dans la cinquantaine et la soixantaine à chercher un emploi. Une tâche qui peut être ardue si on ne sait pas comment s'y prendre.

Diane Emond est une travailleuse sociale nouvellement retraitée. Pendant 35 ans, elle a bossé au centre jeunesse de Montréal. Dans la cinquantaine, elle cherche maintenant un emploi à temps partiel dans le domaine.

 

«De toute ma vie, je n'avais jamais été à la recherche d'un emploi. Je ne savais pas quoi faire. J'étais complètement désorganisée.»

Elle a finalement cogné à la porte de l'Association Midi-Quarante, un organisme financé par Emploi Québec qui aide les personnes de 40 ans et plus dans leur recherche d'emploi.

«Trouver un emploi satisfaisant, c'est toujours un défi. Dans la cinquantaine, on a en plus à gérer la compétition avec les plus jeunes. Il faut travailler sur l'estime de soi, rappeler à ces gens qu'ils ont l'avantage d'offrir une grande expérience», indique Murielle Lafond, conseillère en transition et gestion de carrière à l'Association Midi-Quarante.

Plusieurs avantages

Les travailleurs de plus de 50 ans sont souvent bien différents des plus jeunes et certains employeurs savent en bénéficier. C'est le cas de l'Association touristique régionale des Cantons-de-l'Est. Auparavant, elle engageait uniquement des étudiants pour les postes d'accueil dans ses bureaux d'information.

«La saison touristique s'allonge de plus en plus à l'automne et les étudiants retournent en classe. Nous avons donc décidé de solliciter des gens de 50 ans et plus en lançant un projet pilote avec Emploi Québec et nous avons reçu une tonne de C.V.», affirme Marie-France Bourdages, directrice du développement chez Tourisme Cantons-de-l'Est.

L'expérience s'est avérée très positive. «Les 50 ans et plus ont davantage voyagé que les jeunes, donc ils connaissent bien les besoins de la clientèle. Ils ont aussi beaucoup d'entregent et sont très à l'écoute. Comme ils ont une profonde connaissance du milieu, ils n'hésitaient pas à faire des suggestions aux touristes, à donner leurs bonnes adresses, etc.», explique Mme Bourdages.

Les personnes de 50 ans et plus semblent d'ailleurs avoir été en mesure de faire équipe avec les jeunes et créer ainsi un véritable échange intergénérationnel.

Les difficultés

Évidemment, ce ne sont pas toutes les entreprises qui ouvrent leurs bras de la sorte aux employés plus âgés. Ces personnes ont l'expérience, mais souvent, elles ont aussi des valeurs et des attentes différentes des gens de 20 ans. Ce qui ne fait pas l'affaire de tous.

«À 50 ou 60 ans, bien des personnes cherchent d'abord à être heureuses au travail et la culture de l'entreprise doit correspondre à leurs valeurs. Généralement, ces personnes n'ont plus de jeunes enfants, donc elles sont très dévouées à leur employeur, mais en même temps, elles n'ont pas nécessairement la même fougue qu'un jeune», affirme Murielle Lafond.

Par exemple, si Diane Emond a pris sa retraite du Centre jeunesse de Montréal, c'est parce qu'elle était brûlée.

«J'étais passionnée par mon travail, mais c'était très exigent d'être constamment sur la ligne de front. Maintenant, j'ai besoin de bouger, d'être stimulée, de m'engager dans un travail, mais je ne veux pas un milieu aussi intense.»

Chacun a ses exigences, sa réalité. Il faut cibler des entreprises en conséquence.

Pour sa part, Pierre Lussier a été mis à pied il y a quelques années d'un poste de directeur des ventes dans le domaine des télécommunications. Depuis, il nage dans l'instabilité. «Pour moi, il n'est pas question de retraite. J'ai la même énergie qu'avant et les mêmes besoins financiers. Je veux un job stable à temps plein, mais je ne sais plus où chercher.»

«Quatre-vingts pourcent des emplois disponibles ne sont pas affichés dans les journaux et sur internet. On appelle ça le marché caché et c'est souvent ça que les chercheurs d'emploi négligent, à tort. Nous montrons à notre clientèle à prendre les devants, à utiliser ses contacts et à en créer de nouveaux, par nos activités de réseautage», affirme Mme Lafond.

CINQ TRUCS

1. Faites votre bilan : déterminez ce que vous voulez et ce que vous ne voulez pas.

2. Regardez ce que vous avez plutôt que ce qu'il vous manque.

3. Rédigez un curriculum vitae et une lettre de présentation qui mettront en valeurs vos compétences et votre expérience.

4. Préparez-vous adéquatement pour l'entrevue: Quoi dire? Comment se démarquer des autres candidats ?

5. Concentrez votre recherche d'emploi dans le marché caché, en utilisant vos contacts et en approchant directement des entreprises pour lesquelles vous voudriez travailler.

 

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