Héma-Québec, bien plus que du sang

Serge Maltais, président et chef de la direction... (Photo Olivier PontBriand, La Presse)

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Serge Maltais, président et chef de la direction d'Héma-Québec

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Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse

La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque vendredi, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Serge Maltais, président et chef de la direction d'Héma-Québec, répond aujourd'hui aux questions de Claude Marchand, président et chef de la direction de LCI Éducation.

Vous êtes à la tête d'une organisation qui a une responsabilité sociale importante et qui doit s'assurer de l'application rigoureuse d'une politique de qualité. Quelle est votre approche à titre de dirigeant afin de faire la promotion de votre politique auprès de vos employés ?

Je le fais de plusieurs façons. Nos produits, comme le sang, les cellules souches ou le lait, sont biologiques et il y a toujours un risque qu'il y ait une transmission de bactéries, de virus ou de parasites. On doit expliquer à nos employés pourquoi c'est si important pour les patients d'avoir des produits de qualité. Alors j'en parle, j'en parle, j'en parle. Je crois que c'est facile à comprendre, parce que plusieurs personnes connaissent au moins quelqu'un qui a eu besoin d'un don. La qualité est d'ailleurs incluse dans notre mission, qui est de répondre avec efficience aux besoins de la population québécoise en sang et autres produits biologiques d'origine humaine de qualité. La gestion des risques fait de son côté partie de notre nouveau plan stratégique 2017-2020 ; c'est l'une de nos six orientations stratégiques. On doit appliquer les mêmes principes de gestion de risques dans l'ensemble de l'organisation, que ce soit le service à la clientèle, les finances ou la main-d'oeuvre.

Les Québécois donnent du sang sur une base volontaire, alors que les besoins ne cessent d'augmenter. Comment comptez-vous augmenter le nombre de donneurs au cours des prochaines années ?

C'est vrai que les besoins augmentent, mais ils changent. La demande pour les dons de sang classiques est par exemple en baisse, tandis que la demande pour les dons de plasma par aphérèse [un don réalisé à l'aide d'un appareil qui collecte les composants sanguins (globules rouges, plaquettes et plasma) de manière sélective, NDLR] est en hausse. On veut d'abord éduquer et sensibiliser la population sur ce don pour réussir à augmenter la collecte de plasma. On organise des centaines de collectes en collaboration avec les comités organisateurs partout en région. On a aussi misé dans les dernières années sur la publicité et sur les réseaux sociaux, et on a élaboré des stratégies de marketing spécifiques pour les différentes communautés.

Est-ce que l'arrivée des nouvelles plateformes numériques et des médias sociaux vous aide à joindre et à sensibiliser de nouvelles clientèles ?

Définitivement. C'est beaucoup plus facile aujourd'hui de rejoindre les gens, beaucoup plus rapide aussi. Le numérique change la façon dont les bénévoles et les donneurs communiquent avec nous et c'est la même chose pour les fournisseurs ou nos partenaires. On doit s'adapter à cette nouvelle réalité. Un des aspects de notre plan stratégique concerne d'ailleurs le numérique. On a récemment investi beaucoup dans les différentes plateformes. D'ici la fin de l'année 2018, on mettra aussi en place un outil qui permettra aux donneurs de prendre un rendez-vous en ligne. Ce sera encore plus facile de faire un don.

Mis à part le sang, Hema-Québec possède la seule banque publique de lait maternel au Québec. Quelles sont les raisons qui vous ont poussé à développer cette initiative ?

Ce sont des médecins qui nous ont d'abord approchés pour qu'on mette sur pied une banque de lait maternel. Il faut dire qu'Héma-Québec a beaucoup évolué depuis ses débuts, elle s'est diversifiée et sa mission a évolué. On veut devenir de véritables partenaires du système de santé, offrir des produits adaptés aux besoins des patients. Le lait maternel réduit grandement les risques de maladie chez les bébés prématurés de 32 semaines et moins. Il réduit par exemple jusqu'à trois fois le risque de contracter une maladie intestinale sévère. Ça se passe bien, le service est en croissance, mais le recrutement de donneuses demeure un défi.

Vous êtes à la fois à la tête d'une organisation qui compte des employés salariés, mais aussi des centaines de bénévoles. Comment faites-vous pour vous assurer d'avoir une relève de bénévoles pour assurer la pérennité de votre organisation ?

Trois choses : on a d'abord des relations avec différents organismes qui s'occupent de trouver des bénévoles dans toutes les régions du Québec. On travaille également de concert avec l'ABDS, l'Association des bénévoles du don de sang, qui soutient le recrutement de nouveaux donneurs et sert de lien entre les régions et nous. Héma-Québec est un organisme reconnu, avec une grande crédibilité. Les gens nous appellent donc aussi directement pour se porter volontaires et devenir bénévoles. On en compte aujourd'hui non pas des centaines, mais des milliers.

La semaine prochaine, Pierre Rivard, président-directeur général du Groupe St-Hubert, répond aux questions de Serge Maltais.

LE PARCOURS DE SERGE MALTAIS EN BREF

Âge : 56 ans

Études : Serge Maltais est titulaire d'un baccalauréat en génie industriel de Polytechnique Montréal. Il est également diplômé en administration des affaires de l'Université de Sherbrooke.

En poste depuis : mai 2015

Nombre d'employés : 1300

Avant d'être à la tête d'Héma-Québec : de 1985 à 2002, il a occupé plusieurs postes de direction au sein de la filiale canadienne de Baxter International. Il a également été vice-président, chaîne d'approvisionnement aux opérations commerciales chez Sandoz Canada.




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