La recette de la relève, selon Biron

Geneviève Biron, présidente et chef de la direction... (Photo Martin Chamberland, La Presse)

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Geneviève Biron, présidente et chef de la direction de Biron Groupe Santé

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Emilie Laperrière

Collaboration spéciale

La Presse



La Presse donne la parole aux grands dirigeants du Québec. Chaque vendredi, un patron répond à cinq questions posées par le chef d'entreprise interviewé la semaine précédente. Et ainsi de suite. Geneviève Biron, présidente et chef de la direction de Biron Groupe Santé, répond aujourd'hui aux questions de Pierre Pomerleau, président et directeur général de Pomerleau.

Comme entreprise familiale, vous avez fait des transferts de direction à deux reprises au cours des dernières années. Avez-vous des conseils à donner aux gens d'affaires qui vivent ce type de transition ?

Mon père avait bien préparé sa retraite. Il l'avait annoncé vraiment d'avance et il a préparé ma soeur à prendre la relève en 1995. Elle a dirigé l'entreprise pendant près de 20 ans. Lorsqu'elle nous a dit que c'était le moment pour elle de passer à de nouveaux défis, on a eu beaucoup de discussions ensemble, on a réfléchi pour bien préparer la transition. Ma famille m'a soutenue dans mon désir d'initiative entrepreneuriale. Ça m'a permis de fonder le réseau de cliniques de radiologie Imagix et de bâtir une solide expérience et des outils pour prendre la relève de ma soeur.

Mes conseils seraient probablement de prévoir la relève, de soutenir les projets qui permettent de prendre de l'expérience, d'avoir des discussions ouvertes sur les intérêts et les ambitions de chacun et de ne pas oublier la famille dans un contexte d'entreprise.

Puisque vous travaillez dans le domaine de la santé, vous devez vous arrimer avec la grosse machine gouvernementale. Comment fait-on pour réussir dans ce contexte ?

L'entreprise a été fondée en 1952, donc c'est 65 ans d'existence qui nous ont demandé de s'adapter au fil des ans avec toujours en tête de répondre aux besoins de nos clients. Dans certains cas, on a des services, comme les analyses de laboratoire, qui sont payés par les patients. On a d'autres services, comme la radiologie, dont les examens sont couverts par la RAMQ (mammographie, échographie...). Dans ce contexte, on travaille en complémentarité du réseau public. On se concentre sur nos clients et on porte vraiment beaucoup d'attention à mieux se définir pour être à l'écoute de leurs besoins.

En tant que femme d'affaires bien en vue qui obtient beaucoup de succès dans son domaine, avez-vous des conseils à donner aux futurs dirigeants de Québec inc. ?

On est dans une époque en changement. Dans notre domaine, on parle beaucoup d'innovation, quasiment d'une autre révolution industrielle qui tient compte de l'intelligence artificielle et de l'apprentissage profond. Il faut être capable de s'adapter, de plus en plus interconnecté. Le style de leadership est plus empathique, le capital humain est de plus en plus important. Il faut bien comprendre l'environnement dans lequel on est. On doit voir la diversité de manière beaucoup plus enrichissante pour une entreprise. Elle permet d'éviter que tout le monde pense de la même manière.

Mon grand constat avec ma participation à l'effet A, c'est qu'on a 50 % de femmes qui terminent l'université et 40 % de femmes qui accèdent à des postes de gestionnaires. Puis, on tombe à moins de 20 % dans les comités de direction et moins de 10 % dans les conseils d'administration. On doit se questionner sur ce qui se passe entre les deux. Peut-être que les femmes ne lèvent pas la main, peut-être qu'on ne les choisit pas, mais il faut voir comment encourager les femmes et valoriser les rôles qui leur permettent à la fois d'être une bonne directrice, une bonne épouse et une bonne mère. Il ne faut pas nécessairement choisir l'un ou l'autre.

Quelle est la prochaine étape pour les Laboratoires Biron : croissance organique, consolidation, acquisition, récupération de services donnés par nos gouvernements ?

On a travaillé fort dans les dernières années pour bien définir notre mission et notre raison d'être. On est une entreprise qui offre des services dans le domaine de la santé à l'aide de plateformes technologiques. Ça fait donc partie de notre développement futur d'intégrer l'innovation et les nouvelles technologies dans notre offre de services. On est aussi une entreprise dans le domaine médical, diagnostique et thérapeutique. Dans le futur, on envisage notre croissance par l'ajout de nouveaux services qui sont reliés à notre mission, par l'ouverture de nouveaux points de service, également par les acquisitions. Tout ça se fait dans une idée de croissance soutenue et une vision à plus long terme.

Quels leaders influencent votre style de gestion et pourquoi ?

Il y a plusieurs personnes qui m'inspirent pour différentes raisons. Un incontournable, c'est Alain Bouchard. Pour moi, c'est un bâtisseur. Jean Coutu est un bon père de famille qui a su développer une entreprise dans un contexte familial avec succès. Il y a Serge Godin, qui est un véritable intégrateur, et les frères Lemaire pour leurs pratiques innovantes dans la gestion des ressources humaines. Il y a Arianna Huffington pour son franc-parler et sa capacité d'introspection. Je trouve que c'est faire preuve de maturité d'être capable de choisir comment on veut se redéployer dans sa carrière. J'ai aussi un modèle plus jeune, en émergence. Simon de Baene, de GSoft, a su utiliser la culture comme élément de différenciation pour attirer le talent.

La semaine prochaine, Martin Valiquette, directeur général de la Laiterie Chalifoux/Riviera, répond aux questions de Geneviève Biron.

Le parcours de Geneviève Biron en bref

ÂGE : 47 ans

ÉTUDES : Geneviève Biron est titulaire d'un baccalauréat ès sciences - ressources humaines/finances de HEC Montréal.

EN POSTE DEPUIS : Septembre 2014

NOMBRE D'EMPLOYÉS : 700

AVANT D'ÊTRE PRÉSIDENTE : Elle a passé 17 ans dans l'organisation familiale à titre de directrice des ressources humaines et vice-présidente, opérations, avant de lancer et diriger sa propre entreprise, Imagix, en 2005.




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