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Le manque de reconnaissance mine le moral des troupes

«La reconnaissance est un besoin fondamental pour tous... (Photo Hugo-Sebastien Aubert, La Presse)

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«La reconnaissance est un besoin fondamental pour tous les êtres humains, rappelle Julie Carignan, psychologue chez SPB psychologie organisationnelle. Pour se développer et s'améliorer, un employé a besoin de rétroactions.»

Photo Hugo-Sebastien Aubert, La Presse

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Vous bossez d'arrache-pied, mais vos efforts semblent passer inaperçus. Votre patron commente rarement votre travail et lorsqu'il le fait, c'est pour le critiquer. Son manque de reconnaissance pourrait bien nuire à votre santé mentale.

«La reconnaissance est un besoin fondamental pour tous les êtres humains, rappelle Julie Carignan, psychologue chez SPB psychologie organisationnelle. Pour se développer et s'améliorer, un employé a besoin de rétroactions.» Or, certains patrons hésitent à complimenter leurs travailleurs par crainte que cela leur monte à la tête. D'autres ne prennent tout simplement pas le temps ou mettent seulement l'accent sur ce qui va mal. Finalement, certaines personnes ont moins besoin de reconnaissance et ont tendance à en donner peu.

Mais, quelle que soit la raison, les conséquences peuvent être importantes sur le moral des troupes. Une diminution de la motivation, de l'engagement et même de la performance peut apparaître. «Si vous ne recevez jamais de compliments, il est possible que vous pensiez devoir changer, explique Mme Carignan. Quelqu'un pourrait donc modifier à tort un comportement très fonctionnel, faute de rétroaction positive.» Pire encore, certains employés pourraient finir par ressentir de la détresse psychologique.

Santé mentale en jeu

Récemment, un groupe de chercheurs de l'Université Laval a d'ailleurs démontré un lien entre un déséquilibre effort-reconnaissance et une hausse des congés pour des raisons de santé mentale. Ils ont suivi plus de 2000 cols blancs de la fonction publique. En neuf ans, ils les ont questionnés à trois reprises sur l'effort fourni (heures supplémentaires, tâches plus exigeantes, manque de temps, interruptions fréquentes) ainsi que sur la reconnaissance reçue (rétroactions positives, rémunération, sécurité d'emploi, promotion). Résultat: les travailleurs qui ressentent un fort déséquilibre entre les deux courent un risque 38% plus grand d'avoir une première absence pour cause de santé mentale!

«Ce n'est pas anodin, tranche Ruth Ndjaboue, l'une des chercheuses. De toutes les absences, celles causées par des problèmes de santé mentale sont les plus longues. Elles ont aussi le plus haut taux de récidives.»

Par ailleurs, même si les femmes s'absentent davantage pour des raisons de santé mentale en général, les hommes seraient plus nombreux à être affectés par le manque de reconnaissance. Ils courent trois fois plus de risques de s'absenter que ceux dont le travail est très valorisé. Chez les femmes, la hausse est de 24%. «Une hypothèse serait qu'elles sont habituées à recevoir moins de reconnaissance que les hommes», indique Mme Ndjaboue.

L'art de la reconnaissance

De la tape dans le dos à la promotion en passant par l'augmentation de salaire, la reconnaissance peut s'exprimer de différentes façons. «La meilleure méthode dépend du contexte et de la personne concernée», note Mme Carignan. Par exemple, le bonus peut être indiqué lorsqu'un travailleur peut avoir un contrôle sur le résultat, comme dans la vente. Ce peut l'être moins pour d'autres types de postes.

La reconnaissance devrait idéalement se faire sur trois plans:

> reconnaître la présence de l'employé en le saluant et en lui demandant comment il va, par exemple. «Et prendre le temps d'écouter la réponse», insiste la psychologue;

> s'attarder au processus de travail, soit le féliciter sur les méthodes utilisées, sur ses efforts, etc.;

> souligner les résultats lorsqu'ils sont au rendez-vous.

Mais attention, la manière est aussi importante, sinon plus, que le geste lui-même. «J'ai déjà vu un établissement de santé envoyer des montres par la poste avec un mot générique à tous ses employés cumulant 25 ans de service, raconte Mme Carignan. Ça enlève la beauté du geste. Plus on personnalise la reconnaissance, plus elle sera efficace.» Elle doit également être empreinte d'authenticité, sinon le travailleur va le ressentir.

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