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Exercer plusieurs métiers à la fois: le refus de choisir

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Josiane O'Rourke est à la fois professeure de... (PHOTO Andrew Walker)

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PHOTO Andrew Walker

Josiane O'Rourke est à la fois professeure de yoga, traductrice et en voie de devenir enseignante en français langue seconde.

Samuel Larochelle

Collaboration spéciale

La Presse

Certains accumulent les boulots pour joindre les deux bouts. D'autres acceptent un travail d'appoint en attendant que leur carrière principale décolle. De son côté, Josiane O'Rourke a fait le choix de concilier plusieurs métiers en s'offrant le privilège de vivre pleinement ses deux passions: les langues et le yoga.

Après des années à travailler en coordination dans le domaine du cinéma, la Montréalaise a vu naître en elle un désir de créativité et de liberté. «J'avais un bon travail avec de belles conditions et des patrons super, mais après quelques années, je me sentais très fatiguée, dit-elle. L'horaire de 9 à 5 commençait à me peser. Je me suis remise en question et j'ai eu envie de voir si je pouvais transformer certains loisirs en métiers.»

Aujourd'hui professeure de yoga, traductrice et à mi-chemin d'un baccalauréat en linguistique, profil acquisition du français langue seconde, la femme de 28 ans casse les paradigmes du milieu de l'emploi. «Si j'avais quelqu'un comme elle devant moi, qui veut tout faire, j'y verrais un problème d'indécision au sens strict, avance Monique St-Amand, conseillère d'orientation spécialisée en transition de carrière. Mais comme je suis allumée aux changements sociaux, je ne dirais pas que c'est un problème dans son cas. Elle est de la génération du «pourquoi choisir quand on peut tout avoir». Et ce n'est pas du tout un reproche.»

Polyvalence

Josiane O'Rourke lui donne raison sans la moindre gêne. «Au début, je me demandais pourquoi je n'arrivais pas à me brancher et je sentais une pression sociale pour faire un choix. Finalement, j'ai compris que je me sentais mieux dans la polyvalence. J'ai accepté que les deux domaines fassent partie de moi. Avoir à choisir, ce serait comme préférer un de ses enfants. Si je peux me permettre de tout faire, pourquoi je devrais faire un choix?»

Chaque semaine durant l'automne, elle consacrera 25 heures à l'enseignement du yoga, 10 à la traduction et 30 à sa formation en langues. Bien que chargé, son horaire est pour elle une source d'équilibre. «J'ai essayé de me consacrer à un seul métier pendant six ans et je n'ai pas trouvé mon équilibre là-dedans, assure-t-elle. J'aime tout ce que je fais. Le yoga me permet de garder l'équilibre entre mon corps et mon esprit. Les langues me stimulent intellectuellement et me permettent de découvrir de nouvelles cultures. Si je n'étais pas profondément heureuse, je ne pourrais pas faire tout ça. À vrai dire, c'est aussi énergivore qu'énergisant.»

Individualisme

Sans parler d'une nouvelle tendance, Monique St-Amand voit la difficulté ou le refus de choisir comme un comportement de plus en plus fréquent. «On sent bien sûr une grande montée de l'individualisme au sens large. Les jeunes travaillent en fonction de leurs passions et de leurs traits personnels pour se mettre en mouvement et se réaliser. C'est comme si chaque individu était une microsociété qui avance en lien avec plusieurs autres microsociétés en mouvement.»

La multiplication des choix de profession et des milieux de travail a elle aussi une incidence majeure sur les nouveaux travailleurs. «On est loin de la crise de l'emploi des années 80 et 90, où l'on gardait un travail à tout prix dès qu'on en trouvait un, répond la conseillère d'orientation. En fait, il y a de plus en plus de parcours atypiques. La carrière classique, qui consistait à débuter dans une entreprise et à monter les échelons, est presque devenue marginale.»

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