Chers employés, nous déménageons!

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François J. Coutu, président et chef de la... (Photo CNW)

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François J. Coutu, président et chef de la direction du Groupe Jean Coutu, et Martin Damphousse, maire de Varennes, lors de l'annonce du déménagement du siège social de l'entreprise.

Alors que le Groupe Jean Coutu (T.PJC.A) annonçait la semaine dernière qu'il déménagera son siège social à Varennes, La Presse s'est demandé quelles sont les précautions à prendre pour faciliter une telle transition pour les employés.

Les employés du Groupe Jean Coutu sont dispersés dans plusieurs bâtiments à Longueuil. Lorsque le fleuron québécois s'y est installé en 1978, c'était en fonction des besoins anticipés à l'époque. Trente-cinq ans plus tard, les installations ne répondent plus aux besoins. C'est en présentant à ses employés comment leur qualité de vie au travail sera améliorée que le Groupe Jean Coutu a annoncé son déménagement.

«Nous irons vers un bâtiment beaucoup plus moderne et vers un environnement de travail beaucoup plus intéressant», affirme Hélène Bisson, vice-présidente, communications, pour le Groupe Jean Coutu.

En même temps, l'entreprise a assuré à ses employés que les services comme la garderie et le centre sportif seront maintenus, voire améliorés.

C'est une bonne stratégie, d'après Sylvie Charbonneau, conseillère en ressources humaines agréée (CRHA) et présidente de Brio Conseils, une firme spécialisée en gestion du changement.

«Pour faire accepter le changement, dit Mme Charbonneau, il faut expliquer les raisons pour lesquelles le statu quo est devenu inacceptable pour l'organisation. Il faut dire ce qui changera pour les employés et ce qui ne changera pas.»

Par exemple, un employeur peut profiter d'un déménagement pour passer de bureaux fermés à des espaces de travail à aire ouverte ou encore repenser l'attribution des places de stationnement. Il doit afficher ses couleurs.

Changement des habitudes

Le Groupe Jean Coutu cherchait un nouvel espace pour installer son siège social, mais pas question de quitter la Rive-Sud. Seulement une quinzaine de kilomètres de distance séparent les deux sites.

«La plupart de nos employés habitent sur la Rive-Sud, donc c'était clair que nous voulions y rester, indique Hélène Bisson. Nous déménagerons vraiment très proche, il y aura très peu d'impact sur le transport.»

Toutefois, Sylvie Charbonneau affirme qu'un déménagement est difficile pour les employés parce qu'il a des répercussions directes sur leur vie personnelle.

«Cela vient chercher des réactions humaines, précise-t-elle. On se demande comment on organisera sa vie, comment fonctionne le réseau de transport en commun dans ce nouveau secteur, si son trajet prendra plus de temps, comment on s'y prendra pour conduire ses enfants à la garderie, etc. Ce sont des changements qui ont un impact sur son horaire, mais aussi sur celui des membres de sa famille.»

Sylvie Charbonneau croit que l'employeur doit éviter de faire comme si ces réactions n'existaient pas.

«Même les gestionnaires, qui sont aussi humains, auront ces réactions. Il faut en tenir compte, d'autant plus que ce sont ces gestionnaires qui devront faire accepter ce changement aux employés», explique-t-elle.

Mesures d'atténuation

Une bonne façon de faciliter la transition pour l'employeur est de proposer des solutions pour atténuer les impacts.

«Par exemple, lorsque l'entreprise Pages Jaunes a déménagé son siège social à L'Île-des-Soeurs, elle s'est assise avec la Société de transport de Montréal pour mettre en place une nouvelle ligne d'autobus», indique Sylvie Charbonneau.

Les entreprises peuvent aussi mettre sur pied des comités pour écouter les préoccupations des collègues et envisager des solutions. «Tant que les employés ne seront pas rassurés sur ce que le déménagement impliquera pour eux personnellement, ils n'auront pas beaucoup d'écoute pour le reste», affirme la conseillère.

Toutefois, il faut savoir que la question des déménagements d'entreprise n'est pas abordée par la Loi sur les normes du travail. Chaque organisation met donc en place sa propre façon de faire.

Par exemple, lorsque Costco a déménagé son siège social de Laval à Ottawa en 2001, elle a offert aux employés de déménager dans la capitale canadienne, de rester au Québec pour travailler dans un entrepôt ou d'accepter une indemnité de départ.

«L'entreprise agit toujours en fonction de sa situation, de ses moyens et de sa culture d'entreprise, précise Mme Charbonneau. Toutefois, c'est risqué d'offrir des indemnités de départ si on ne souhaite pas encourager ses employés à partir!»

Par contre, lors d'un déménagement interprovincial, Sylvie Charbonneau conseille aux employeurs d'ajuster la rémunération des employés pour tenter d'éliminer l'incidence fiscale du changement de province.

Quelques grands déménagements

Bell: arrivée à L'Île-des-Soeurs en septembre 2008

Pages Jaunes: arrivée à L'Île-des-Soeurs en décembre 2003

Caisse de dépôt et placement du Québec: arrivée dans le Quartier international de Montréal en décembre 2002

Costco: déménagement du siège social de Laval à Ottawa en 2001

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