Chercher un emploi au XXIe siècle

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La recherche d'emploi évolue, mais plusieurs mythes persistent, estime... (Photo Olivier Jean, La Presse)

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Photo Olivier Jean, La Presse

La recherche d'emploi évolue, mais plusieurs mythes persistent, estime Benoît Desgroseillers, directeur du Centre de gestion de carrière ESG UQAM .

Des chercheurs d'emploi, Benoît Desgroseillers en voit défiler des centaines par an au Centre de gestion de carrière ESG UQAM, dont il est le directeur. Les questions les plus courantes des candidats lui ont inspiré un livre, le Guide express pour votre carrière dans le Québec inc.

Son livre s'adresse aux nouveaux diplômés universitaires ou aux Néo-Québécois qui veulent amorcer leur carrière au Québec. Il s'adresse aussi à ceux qui sont en transition de carrière, qui n'ont pas entrepris de recherche d'emploi depuis longtemps et qui veulent se mettre au fait des tendances du jour.

Briser certains mythes

Vos croyances sur la recherche d'emploi sont-elles désuètes?

«Plusieurs idées sur la recherche d'emploi sont complètement dépassées, tant de la part des candidats que de la part des employeurs. Trop de gens croient encore qu'il est avantageux d'aller porter son CV en personne. En réalité, plus on s'approche d'un niveau professionnel ou cadre, moins ça s'applique», dit Benoît Desgroseillers.

En 2013, mieux vaut consulter le site internet de l'entreprise et suivre les recommandations indiquées pour postuler en ligne.

«Si vous voulez être recruté par une grande banque qui a des milliers d'employés, il n'est pas évident du tout que vous avez avantage à aller porter votre CV en personne. En fait, si vous faites ça, il a sans doute moins de chances de se retrouver entre les bonnes mains que si vous l'envoyez par la méthode recommandée», dit-il.

Autre mythe: celui du fameux «marché caché de l'emploi».

«Ça fait 20 ans que j'entends dire qu'il y aurait un soi-disant marché caché de l'emploi, que 80% des offres d'emploi ne seraient pas affichées et que l'on recruterait davantage en faisant appel au réseau. Selon ce mythe, il faudrait mettre de côté la recherche d'emploi conventionnelle pour se consacrer au réseautage.»

Or, selon un sondage réalisé par le Centre de gestion de carrière, cette proportion de 80% serait fortement exagérée. La réalité se rapproche davantage d'un tiers, deux tiers. Environ les deux tiers des emplois sont encore comblés par les réseaux standards (affichage, sites d'emploi) et le tiers restant, par contacts et réseautage.

«Les seules exceptions à cette règle sont les postes de cadre exécutif et ceux de domaines en très forte pénurie, par exemple programmeur spécialisé dans un secteur pointu. On fonctionne alors par réseau fermé et par référencement. Mais pour le commun des mortels, on recrute par affichage.»

Les outils

En plus du CV, il est devenu incontournable d'avoir une page LinkedIn à jour avec une photo.

«Pour des emplois de niveau professionnel, 100% des recruteurs vont taper votre nom dans Google. Qu'est-ce qui apparaît? Souvent, ce sont nos profils LinkedIn et Facebook. Si votre Facebook est public, ce serait une bonne idée de le régler pour qu'il soit privé pendant vos démarches. Et si quelqu'un d'autre a le même nom que vous et qu'il affiche des idioties sur sa page Facebook, il serait bon d'en avertir les recruteurs.»

LinkedIn est une fenêtre sur votre image virtuelle, mais aussi sur votre réseau.

«Si vous vous dites spécialiste dans un domaine, il serait logique d'avoir parmi vos contacts des professionnels de ce domaine et des groupes de discussion qui le concernent. Il faut bien gérer l'ensemble de son réseau et de son image virtuelle. C'est devenu beaucoup plus important que ça l'était. On voit même une différence par rapport à il y a deux ans.»

Les qualités du XXIe siècle

Au-delà de l'expertise dans le domaine, certaines qualités sont aujourd'hui très recherchées de la plupart des employeurs.

«D'abord, il faut bien se connaître, dit M. Desgroseillers. Quand on passe une entrevue, la personne doit sentir que l'on sait ce que l'on veut, que l'on sait où l'on s'en va et que l'on connaît ses forces et ses faiblesses. Quand on se connaît bien, on a tendance à choisir des emplois et des défis qui nous ressemblent et qui sont en phase avec qui l'on est. Quand on ne se connaît pas bien, on tourne parfois en rond.»

La capacité d'adaptation est aussi très prisée des employeurs.

«Sur un horizon de quelques années, peu importe le poste que vous occuperez, vous devrez vous adapter à des changements. On recherche les gens qui sont capables de bien gérer ce changement.»

Par ailleurs, les entreprises recherchent des candidats qui amènent leur réseau avec eux.

«Les employés capables d'aller chercher de l'information et des ressources à l'extérieur sont appréciés. Pour un employeur, le fait d'avoir recours au réseau de ses employés est un avantage incroyable qui peut lui éviter d'avoir recours à des consultants. L'entreprise en bénéficie.»

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