Démissionner, ça s'apprend!

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Florent Francoeur, PDG de l'Ordre des conseillers en ressources humaines, met en garde les employés démissionnaires. Les patrons vont parfois faire de grands gestes pour essayer de garder leurs acteurs clés.

Démissionner de son emploi n'est généralement pas agréable, ni facile. Toutefois, certaines stratégies peuvent mieux faire passer la pilule et vous permettre ainsi de préserver votre image professionnelle et vos bonnes relations dans votre milieu de travail.

Diane travaillait à temps partiel à la réception d'une clinique dans le domaine de la santé. Plusieurs éléments de son travail la rendaient insatisfaite: elle était rémunérée à un faible taux horaire, elle travaillait seule la grande majorité du temps, elle ne savait jamais à quelle heure elle terminerait sa journée, on lui demandait aussi de faire un peu de comptabilité et de vente. Lorsqu'une amie lui a proposé un emploi où elle travaillerait en équipe, avec un taux horaire grandement supérieur et une description de tâches plus intéressante à ses yeux, elle n'a pu refuser. Elle devait maintenant l'annoncer à sa patronne.

Aux yeux de Florent Francoeur, président-directeur général de l'Ordre des conseillers en ressources humaines agréés, la pire chose à faire est de donner sa démission en profitant du moment pour vider son sac.

«Je conseille plutôt d'expliquer les motifs de sa décision sans entrer dans les détails, dit-il. Il faut rester positif et respectueux parce qu'on pourra toujours être appelé à retravailler avec ce patron.»

Les mouvements interentreprises sont effectivement nombreux.

Une étude menée par Les Services Kelly, une firme spécialisée en solutions de main-d'oeuvre, a révélé l'an dernier que 74% des travailleurs sondés de 49 à 66 ans au Canada avaient sérieusement l'intention de chercher un nouveau travail auprès d'un autre employeur au cours de la prochaine année. C'était 68% chez les 19 à 48 ans. Tous n'ont certainement pas réalisé cette intention, mais les employeurs doivent souvent composer avec des démissions d'employés.

«Les patrons sont habitués et souvent, lorsqu'un acteur clé annonce sa démission, il posera de grands gestes pour tenter de le faire changer d'idée», indique M. Francoeur.

Comme employé, il est préférable de bien se préparer avant la grande annonce. Par exemple, serait-il possible que votre patron vous fasse changer d'idée? Si oui, que devrait-il vous offrir précisément?

«Il faut être prêt parce que cela se passe rapidement, affirme M. Francoeur. Il faut aussi éviter de changer d'idée trop souvent et risquer de se créer une mauvaise réputation dans son milieu. Il faut rester professionnel.»

Prévoir la transition

Lorsque l'employeur accepte la démission d'un employé, rapidement, la question de la transition se pose.

La Loi sur les normes du travail n'oblige pas l'employé à donner un avis de démission à son employeur, mais l'article 2091 du Code civil du Québec prévoit qu'un employé lié à un contrat à durée indéterminée doit donner un délai raisonnable. La nature de l'emploi, des circonstances particulières et la durée de la prestation de travail doivent être prises en considération pour évaluer le délai.

Florent Francoeur conseille de prendre le temps d'analyser la situation avec son patron.

«On doit discuter aussi des dossiers majeurs sur lesquels on travaille, à qui on pourra les transférer et assurer son patron de son entière collaboration pendant la transition.»

Le professionnalisme est aussi de mise lorsqu'on annonce son départ à ses collègues.

«Il faut rester modeste et éviter de les démotiver en leur disant à quel point vous serez mieux chez votre nouvel employeur», indique Florent Francoeur.

Le patron peut être reconnaissant si vous lui suggérez des candidats, à l'interne ou à l'externe, pour prendre votre relève.

«Vous pouvez aussi lui donner votre courriel chez votre nouvel employeur et lui dire qu'il peut communiquer avec vous en cas d'urgence s'il a une question sur un dossier, recommande M. Francoeur. Vous pouvez faire de même avec des collègues avec qui vous avez aimé travailler.»

Diane est allée encore plus loin. En plus de donner un délai de deux semaines à sa patronne, elle lui a offert de donner un coup de main pour l'envoi de correspondance urgente à la clientèle.

«Elle m'a demandé de revenir aider une fois et je l'ai fait, précise-t-elle, même si j'avais commencé à travailler à temps partiel chez mon nouvel employeur.»

Idéalement, il faut aussi aborder la question des références lorsqu'on démissionne.

«C'est bien de demander à son patron ce qu'il a l'intention de dire si par exemple, dans deux ans, quelqu'un l'appelle pour avoir des références à son sujet et expliquer son départ, indique M. Francoeur. Il faut s'entendre sur ce qu'on dira, par exemple la recherche d'un plus grand défi.»

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