Officier national en gestion du feu

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Marie-Ève Foisy

Emilie Laperrière, collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) Que fait un boutefeu? À quoi ressemble le quotidien d'un animalier ou d'un détective privé? Pour le savoir, La Presse les a rencontrés pour vous. Regard sur des métiers inusités, rares ou méconnus.

Marie-Ève Foisy peut se vanter d'être un des quatre officiers nationaux en gestion du feu au Canada. Sa mission? Éteindre les incendies sur le territoire de Parcs Canada... et même en allumer, parfois! Portrait d'un métier chaud.

Après avoir terminé un baccalauréat en biologie, Marie-Ève Foisy a été embauchée par Parcs Canada en 2000 et n'en est jamais partie. Elle a d'abord été garde-parc pendant 10 ans avant de chausser les souliers d'officier national en gestion du feu, une fonction qu'elle exerce depuis 2010. «Mon métier rejoint mon intérêt pour la science et l'écologie, tout en me donnant toujours plein de défis à relever et de choses à apprendre», lance-t-elle avec passion.

La priorité, éteindre les feux

Le quotidien de Marie-Ève Foisy varie selon les saisons. L'hiver, son travail se concentre sur la gestion des opérations. Elle dresse entre autres le plan stratégique national, elle évalue les équipes de gestion des incendies pour les parcs du pays tout en s'occupant de l'achat d'équipement et du contrat pour les hélicoptères.

Du 1er avril au 1er octobre, c'est une autre paire de manches. Disponibles 24 heures sur 24 tous les jours, Marie-Ève Foisy et son équipe sont sur un pied d'alerte, prêtes à réagir au moindre feu de forêt. «S'il y a un incendie, il faut trouver les ressources pour l'arrêter, faire une veille météo constante et coordonner la collaboration avec le Centre interservices des feux de forêt du Canada», explique l'officier de 36 ans.

Pour effectuer ce travail, un grand bagage de connaissances est de mise. «Je discute autant de choses très techniques (comme la mécanique des camions ou des hélicoptères) que de gestion à long terme», dit Marie-Ève Foisy.

Comme officier en service, cette dernière est appelée à travailler partout au pays. Les feux décident en quelque sorte de ses déplacements.

Éteindre, mais aussi allumer des feux

L'équipe des officiers nationaux a aussi un autre objectif: planifier les brûlages dirigés. «Le feu est un bon outil pour régénérer une espèce ou pour réduire le combustible forestier, car les vieilles forêts représentent plus de risques d'incendie», explique Marie-Ève Foisy.

Elle a notamment eu la chance de travailler à la restauration du pin blanc dans le parc de la Mauricie et d'avoir brûlé le flanc d'une montagne au parc Yoho, dans l'ouest du pays.

«C'est un travail de longue haleine. L'objectif est pensé des années à l'avance. Tout est planifié: les hectares, le vent et sa direction, les coûts, l'équipe et l'équipement. Disons que c'est une recette que l'on suit à la lettre!»

Sentiment d'urgence

Être sur un pied d'alerte six mois par année n'est pas de tout repos. Les horaires changeants ne sont pas non plus faciles pour la vie de famille, et tout le monde n'est pas prêt à partir 19 jours en Colombie-Britannique à seulement quelques heures d'avis.

Malgré tout, Marie-Ève Foisy adore son travail. «J'aime tout! Prendre des décisions, apprendre, faire preuve de leadership, le tout, entourée d'une équipe très compétente. Mon travail est extraordinaire. Il me donne l'impression d'accomplir quelque chose de grand. Et on ne se le cachera pas; allumer un feu, surtout du haut des airs, c'est grisant!», reconnaît-elle.

Stress, sentiment d'urgence et accomplissements à la grandeur du pays, Marie-Ève Foisy a peut-être la même formation qu'un professeur de biologie, mais son travail est nettement dans une classe à part.

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