Mon métier: ingénieur en géomatique

Sanit Sananikone... (PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE)

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PHOTO MARTIN CHAMBERLAND, LA PRESSE

Sanit Sananikone

Emilie Laperrière, collaboration spéciale
La Presse

Que fait un boutefeu? À quoi ressemble le quotidien d'un animalier ou d'un détective privé? Regard sur des métiers inusités, rares ou méconnus.

Agriculture, tourisme, santé ou transport: la géomatique est partout (ou presque). Sanit Sananikone exerce la profession d'ingénieur en géomatique depuis 2007. Son parcours témoigne à lui seul de la diversité de la profession.

Après avoir commencé un baccalauréat en génie civil, Sanit Sananikone a bifurqué vers la géomatique (contraction de «géographie» et «informatique»). C'est un cours d'arpentage qui lui a donné la piqûre. «J'aimais les instruments et l'informatique, explique-t-il. Comme le côté foncier ne m'intéressait pas, j'ai choisi ingénieur en géomatique plutôt qu'arpenteur-géomètre. J'ai postulé sur un coup de tête.»

Ingénieur globe-trotter

Pendant ses études, il a démarré un projet d'aide humanitaire en géomatique. Il a pu s'envoler vers le Sri Lanka pour y cartographier les secteurs touchés par le tsunami et voir des quartiers complètement reconstruits. Il a ensuite travaillé au Bénin, dans la savane, avec les ingénieurs du pays. «Des expériences très gratifiantes qui ont permis d'envoyer une dizaine d'étudiants à l'étranger», souligne-t-il.

De retour au Québec, il a été embauché par l'entreprise ViaSat où il a planché sur des projets GPS. Trois ans plus tard, il s'est retrouvé à la Sûreté du Québec. «Je faisais de la cartographie policière. J'ai travaillé par exemple sur une application mobile pour aider les policiers dans les opérations de recherche et de sauvetage», précise l'ingénieur de 30 ans.

Depuis 18 mois, il travaille à la Ville de Montréal, dans la minuscule équipe - ils ne sont que trois - d'analyse, d'intégration et de traitement des données. «Au quotidien, ce n'est pas très glamour! En gros, je monte des bases de données, je m'assure que les données qui ont été mises à jour sont conformes et je fais le suivi.»

Sanit Sananikone préfère l'analyse. À partir des cartes et des renseignements recueillis par les arpenteurs-géomètres, il peut, à l'aide de ses logiciels, faire ressortir à peu près n'importe quelle information.

Pour la Ville, il a notamment recensé les frênes (vulnérables à une maladie) et catalogué tous les lampadaires dans une base de données.

«C'est une science qui peut être appliquée à plein de choses, mais il faut encore la faire connaître.» Le suivi à distance des ambulances, la surveillance des incendies de forêt ou l'épandage localisé d'insecticides font notamment tous appel à la géomatique.

«Il y a plein de gens qui ne savent pas à quoi je sers dans la vie. Maintenant, je dis que je suis ingénieur en Google Maps, c'est beaucoup plus simple! Ça regroupe la cartographie, la photo aérienne et le GPS. Ça donne une idée!», lance-t-il en souriant.

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