La politique. Et après?

Les politiciens sont assis sur des sièges éjectables... (Photo archives Le Soleil et La Presse)

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Les politiciens sont assis sur des sièges éjectables comme l'a appris Catherine Morissette, ex-députée adéquiste.

Nathalie Côté
La Presse

Le 4 septembre, les députés sortants, les candidats des différents partis et le personnel politique apprendront en direct ce qu'il adviendra de leur avenir professionnel. Quel est l'impact d'un passage en politique sur la carrière?

Plusieurs candidats prennent leurs vacances ou demandent un congé sans solde pour faire campagne. Mais pour les ex-députés et les membres de leur personnel, la défaite signifie souvent qu'ils devront chercher un nouvel emploi.

«Le soir de la défaite, je ne savais pas ce que j'allais faire. J'avais un bébé de cinq semaines, plus de poste, ni de chef, ni de parti», se souvient l'ex-députée adéquiste Catherine Morissette, dont la formation est passée de 41 à 7 députés en 2008. Jusqu'à la dernière minute, elle a espéré gagner. D'autres savent qu'ils se dirigent vers la défaite, mais il s'agit toujours d'un coup dur.

Tremplin ou boulet?

Dans un curriculum vitae, l'engagement politique peut être autant un tremplin qu'un boulet. «Ça dépend du secteur d'emploi, du milieu de travail et de la durée du mandat», note Carole Théberge, ancienne ministre de la Famille et présidente de l'Amicale des anciens parlementaires.

Les nombreux contacts, ainsi que la connaissance approfondie de la «machine gouvernementale» et de différents dossiers sont les principaux atouts d'un passage en politique. «Il devrait y avoir des équivalences universitaires pour ça, dit avec humour Carole Lavallée, ex-députée bloquiste aujourd'hui dans le domaine des communications. On apprend beaucoup et vite. C'est un enrichissement incommensurable.» Cet enrichissement n'est toutefois pas utile dans tous les domaines, nuance Catherine Morissette.

Par ailleurs, la «couleur politique» est parfois mal perçue par certains employeurs. «Quand je suis retournée dans ma région, j'ai participé à des activités de réseautage, et certaines personnes m'ont dit que je ne trouverais rien après avoir travaillé en politique», explique Karine Giasson, attachée de presse du ministre péquiste Jacques Baril de 2000 à 2003. Elle a tout de même décroché d'autres postes par la suite, mais il lui a été difficile de trouver un emploi à la hauteur de ses compétences.

De son côté, Mme Morissette croit qu'il aurait peut-être été plus avantageux d'être députée d'un autre parti. Contrairement à d'autres, son engagement ne lui a pas ouvert les portes d'un cabinet prestigieux. L'avocate travaille aujourd'hui à son compte. Selon elle, certains de ses collègues n'avaient toujours pas retrouvé d'emploi deux ans après la «déconfiture» de l'ADQ.

De son côté, Carole Théberge affirme avoir été très sollicitée après sa défaite en 2007. Elle a finalement été nommée vice-présidente à l'administration et aux communications à la CSST par le gouvernement libéral. Son engagement politique n'a évidemment pas joué en sa défaveur pour ce poste!

Siège éjectable

Toutes s'entendent pour dire que la vie politique est intéressante, mais qu'il ne faut jamais oublier que l'on est assis sur un «siège éjectable». Pour favoriser un atterrissage en douceur, les députés défaits ont droit à certaines sommes en fonction de leurs tâches et de leur ancienneté, tant au fédéral qu'au provincial. Pour les ex-députés québécois, l'Amicale des anciens parlementaires a aussi mis en place en 2007 un programme d'aide confidentiel qui permet d'obtenir du soutien psychologique en cas de besoin.

Le personnel politique a également droit à une indemnité de transition. «J'ai aussi été épaulée par le parti. J'ai eu droit à des rencontres sur la recherche d'emploi», note Mme Giasson.

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