Développer ses talents en cinq temps

Madeleine Fortier...

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Madeleine Fortier

Martine Letarte, collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) La gestion des talents est un concept très tendance chez les gestionnaires de ressources humaines. Est-ce que l'employé doit pour autant se fier à son entourage professionnel pour mettre ses talents en valeur? Idéalement, non. Voici cinq étapes à suivre pour reconnaître et exploiter ses propres talents.

Bruno est chercheur dans un observatoire astronomique. Il s'intéresse depuis longtemps à la photographie. Récemment, il a décidé de passer à l'action en photographiant le ciel nocturne et en capturant le mouvement des phénomènes astronomiques comme les éclipses et les aurores boréales.

Sa patronne reconnaît maintenant son travail d'astrophotographie dans sa description de tâches. Voilà l'exemple d'un employeur qui apprécie les talents et les aptitudes de ses employés et s'en sert pour bonifier le travail, à l'avantage de ses employés.

Sauf que ce n'est pas toujours le cas. Madeleine Fortier, conseillère en ressources humaines agréée chez Accent Carrière, affirme que les travailleurs ne doivent pas se fier à leurs employeurs pour mettre en valeur et utiliser leurs talents.

«Le patron pense surtout à former une relève intéressante pour les postes stratégiques de son entreprise. C'est normal, mais les travailleurs ont intérêt à prendre en main l'élargissement de leurs talents, cela aidera les deux parties à long terme», affirme-t-elle.

No 1: Cibler ses forces

«Les talents forment l'unicité d'une personne», remarque Madeleine Fortier. Or, elle constate qu'on est dans une culture de la faiblesse. «On a tendance toujours à travailler ses faiblesses. Toutefois, on ne deviendra jamais excellent dans ses faiblesses et on risque de s'épuiser à force de travailler à contre-courant.»

Elle explique que si on méconnaît ses talents, les faiblesses prennent toute la place.

«On reste alors toujours dans le négatif. Par contre, si on travaille ses forces, on deviendra rapidement excellent», assure Mme Fortier, auteure du livre Trouvez un emploi qui vous ressemble.

No 2: Faire l'inventaire

«Un talent, c'est quelque chose qu'on réussit bien, de façon naturelle, spontanée, sans s'en rendre compte», indique Madeleine Fortier.

Elle conseille aux personnes de réfléchir et de noter tous les possibles talents qui leur viennent en tête. «On peut aussi faire cet exercice entre amis ou entre collègues, suggère-t-elle. On ne se rend pas toujours compte de ses forces naturelles, mais nos proches sont bien placés pour les relever.»

No 3: Valider ses atouts

Elle conseille également de choisir cinq éléments dans la liste et de les soumettre à un petit test pour les évaluer. «Pour être de véritables talents, les éléments relevés doivent être faisables, faciles, reproductibles, plaisants et reconnus», indique-t-elle.

«Aussi simple que ça? Alors, j'ai un talent en astrophotographie! Je n'aurais pas eu la prétention de l'affirmer au départ! Je pensais que c'était seulement un intérêt pour moi», reconnaît Bruno.

No 4: Bien se préparer

«Un talent, on l'a en soi, peu importe ce qu'on décide d'en faire. Il faut se demander si on est prêt à lui ouvrir une porte. Si on n'est pas prêt à l'exploiter, il restera tout simplement présent et on pourra toujours décider de l'exploiter plus tard», affirme Madeleine Fortier.

Bruno a attendu plusieurs années avant de faire valoir son talent en astrophotographie.

«Avant de me lancer, j'ai lu énormément sur le sujet, affirme-t-il. Je devais aussi acheter une caméra et être en poste dans un endroit où j'ai accès à un ciel très noir. C'est le cas maintenant.»

No 5: Concrétiser ses talents

«Lorsqu'on souhaite exploiter des talents dans sa vie professionnelle, il faut penser à des façons concrètes d'y arriver en examinant les besoins de l'entreprise», recommande Mme Fortier.

C'est la stratégie qu'a adoptée Bruno. Il avait constaté que l'observatoire pour lequel il travaille prenait très peu de photographies. Pourtant, elles sont très utiles pour faire la promotion d'événements, notamment dans les médias.

«Je l'ai fait remarquer à ma patronne et elle a reconnu les lacunes. Je lui ai montré ce que j'étais capable de faire et je lui ai proposé qu'une partie de ma tâche, le quart, soit consacrée à l'astrophotographie. Elle a accepté.»

Tous n'ont pas cette chance.

«Certaines entreprises sont ouvertes, d'autres non. C'est certain qu'une entreprise très fermée risque de voir des employés démissionner, met en garde la conseillère. Après des années à travailler à contre-courant, plusieurs vont se lasser et choisir un emploi où ils pourront mieux exploiter leurs talents.»

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