S.O.S... Mon collègue m'envahit

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Ghislaine Labelle a souvent l'occasion de constater comment l'étroitesse d'un bureau peut devenir le catalyseur d'un mauvais climat de travail.

Annie Bourque, collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) Dans les lieux de travail à aire ouverte, la promiscuité cause souvent des conflits entre collègues.

Une musique trop forte, des appels téléphoniques bruyants ou même le parfum lourd d'une collègue finissent par déranger les autres. Comment retrouver l'harmonie? Deux conseillers en ressources humaines proposent leurs solutions.

Ghislaine Labelle, du Groupe Conseil SCO, psychologue organisationnelle et spécialiste en conflits, a souvent l'occasion de constater comment l'étroitesse d'un bureau peut devenir le catalyseur d'un mauvais climat de travail. Une situation parfois explosive.

Mme Labelle a dû intervenir dans une entreprise où quatre collègues devaient travailler dans un espace restreint. «Une se plaignait de la musique de sa voisine et l'autre, du parfum de sa collègue. L'ajout d'une plante sur un bureau a fait l'objet d'une contestation sous prétexte qu'elle voilait la vue.»

Au même endroit, on y dénonçait une collègue fumeuse qui s'absentait pour de longues pauses. Les autres allaient jusqu'à l'épier et à noter ses allées et venues.

De nouvelles règles

La plupart du temps, il n'est pas possible d'agrandir l'espace où on passe toutes ses journées. Doit-on demander à son patron un bureau privé? «Cette demande est rarement acceptée. J'ai vu des gens qui ne pouvaient plus se blairer parce que l'autre se sentait épié. Il est préférable de trouver un autre endroit pour faire nos appels en toute tranquillité», conseille Mme Labelle.

Comment a-t-on amélioré le climat dans l'entreprise évoquée plus haut? La psychologue organisationnelle a recommandé d'établir de nouvelles règles entre le gestionnaire et ses employées afin de diminuer les frictions.

«Le patron a rappelé à une employée que la pause dure 15 minutes et que l'heure du lunch ne dépasse pas une heure. La fille qui portait un parfum lourd est partie dans un autre service. Quant à la musique, tous ont déterminé qu'il est préférable de ne pas en mettre. Sinon, les écouteurs existent», explique Mme Labelle.

La spécialiste en gestion de conflits estime que chacun doit exprimer ses besoins. «On trouve une entente afin de ne pas brimer la liberté de l'autre.»

Responsabilisation de chacun

De son côté, Catherine Privé, présidente et chef de la direction d'Alia Conseil, une firme spécialisée en développement organisationnel, estime que chacun contribue à assurer un bon climat.

«Si chaque employé se préoccupe des cinq pieds autour de lui, le climat de travail sera plus sain. Sur le plan personnel, chaque individu doit faire connaître ses besoins, ses limites et ses attentes. Plus les gens se connaissent dans une équipe, plus ils vont respecter les besoins des autres.»

Mme Privé estime que le gestionnaire doit définir les règles de fonctionnement en collaboration avec son équipe. «Nous pouvons même associer ces règles à notre mission, soit d'être accueillant pour les clients.»

La présidente d'Alia Conseil ajoute que des éléments visuels, comme une affiche portant l'inscription «Attention au bruit», peuvent être accrochés dans l'entreprise.

Portrait d'un envahisseur

Qui est ce collègue qui envahit l'autre au point de lui dicter ses façons de faire ou d'épier ses conversations téléphoniques?

L'envahisseur a des traits de personnalité distincts. «C'est quelqu'un qui a beaucoup de rigueur, qui est très ordonné, organisé et très méticuleux. Quand on ne travaille pas de la même façon que lui, cela l'irrite beaucoup. Il peut ainsi devenir extrêmement contrôlant», note Ghislaine Labelle, conseillère en ressources humaines.

Derrière ce besoin de contrôle se cachent aussi la crainte de l'échec ou une faible estime de soi.

«Mon travail doit être impeccable et parfait. Je suis une bonne personne si mon travail l'est», pense l'envahisseur. Mme Labelle constate que ce type de collègue n'est pas nécessairement une mauvaise personne.

«Il ne fait pas exprès pour empoisonner la vie des autres. Il n'est pas capable de fonctionner autrement. Cela remonte à loin. Enfant, on a exigé de lui d'être très performant, et parfois même d'être parfait.»

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