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Curriculum vitae: entre l'expérience variée et l'instabilité

«Ce n'est pas grave de changer souvent d'emploi,... (Photo Getty Images)

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«Ce n'est pas grave de changer souvent d'emploi, affirme Jean Métivier, de Métivier Goupe Conseil. L'important, c'est de laisser de bonnes traces! Cela aide par la suite à se replacer.»

Avoir une expérience de travail variée est un élément fort recherché après des recruteurs. Il faut toutefois éviter de tomber dans l'instabilité.

Daniel travaille dans le domaine de l'informatique. Durant les 15 dernières années, il a travaillé sept ans dans une société d'État, puis cinq ans dans une entreprise privée. Ensuite, il a accepté un contrat de trois mois dans une société de la Couronne. Il y est finalement resté 18 mois, avant d'accepter un poste dans une institution financière. Daniel peut-il faire valoir son expérience diversifiée ou doit-il avouer son instabilité?

D'après des experts, tout dépend du contexte.

«Il n'y a pas d'absolu dans ce genre de question», indique Jean-Pierre Doré, conseiller en ressources humaines agréé (CRHA) et coach professionnel en transition de carrière chez Vézina Nadeau Labre.

«Toutefois, c'est certain que lorsqu'on parle d'années dans une organisation, ça passe mieux que si on parle de mois. À moins bien sûr qu'il soit question de mandats très spécifiques», ajoute-t-il.

La motivation derrière le changement

Jean Métivier, associé principal chez Métivier Groupe Conseil, une firme de recherche de cadres, affirme que tout recruteur cherchera à comprendre la logique derrière le changement d'organisation d'un candidat.

«Il existe de bonnes raisons comme lorsqu'on estime qu'on n'apprend plus, ou lorsqu'on sait qu'on ne pourra plus progresser. Comme recruteur, c'est ce raisonnement qu'on regarde plutôt que le temps passé dans une même entreprise. Il ne faut pas changer pour changer, ou changer tous les six mois pour quelques dollars de plus l'heure», explique Jean Métivier.

Après sept ans, Daniel trouvait qu'il avait fait le tour du jardin dans la société d'État où il gérait des projets. Il est allé travailler dans une entreprise privée parce qu'elle lui offrait la gestion de projets, mais aussi une équipe et un budget.

«Les recruteurs regarderont s'il y a une progression dans la carrière du candidat. C'est bien aussi d'aller chercher de l'expérience dans des organisations différentes pour démontrer une capacité d'adaptation», explique Jean-Pierre Doré.

Apprendre de ses mauvaises expériences

L'expérience de Daniel dans l'entreprise privée n'a finalement pas été à la hauteur de ses attentes.

Aux yeux de Jean Métivier, dans une situation comme celle-là, le travailleur doit faire une analyse.

«Il doit se demander ce qui n'allait pas et éviter de retourner par la suite dans un modèle d'affaires semblable», précise-t-il.

Daniel s'était retrouvé à faire l'équivalent de deux emplois à temps plein.

«J'en faisais un chez mon employeur et un autre chez un client où j'avais une équipe à gérer et des projets à implanter pendant les fins de semaine. Je venais en plus d'avoir mon deuxième enfant: j'étais en train de me brûler», se souvient-il.

Daniel s'est mis à chercher un emploi ailleurs. Toutefois, comme son employeur avait comme clients plusieurs entreprises où il postulait, Daniel voyait souvent sa candidature rejetée d'emblée.

«Les entreprises ne voulaient pas jouer dans les platebandes de mon employeur avec qui elles avaient signé un contrat», précise-t-il.

Finalement, un ancien employé de Daniel lui a offert de travailler avec lui dans une société de la Couronne pour un contrat de trois mois.

«Ce n'est pas grave de changer souvent d'emploi, affirme Jean Métivier. L'important, c'est de laisser de bonnes traces! Cela aide par la suite à se replacer.»

«J'ai fait le saut, indique Daniel. Je voulais sortir de la situation dans laquelle j'étais.»

Se fixer des objectifs personnels

«Chez mon nouvel employeur, j'avais un très bon taux horaire, je faisais des semaines normales, l'équipe était super intéressante, mais j'étais contractuel comme je l'avais été toute ma carrière. À 46 ans, j'avais envie d'avoir un poste permanent chez un bon employeur où j'aurais la possibilité de gravir les échelons à l'interne», explique Daniel qui est finalement resté 18 mois dans l'entreprise.

Jean Métivier affirme que plus un travailleur vieillit, plus il doit se fixer des objectifs personnels.

«Lorsqu'on est jeune, c'est normal d'être motivé par les occasions et de ne pas trop savoir ce qu'on veut. Par contre, on s'attend à ce qu'un travailleur expérimenté ait des objectifs personnels qui motivent ses changements d'organisations.»

Daniel n'a pas eu à chercher longtemps le poste qui allait convenir à ses objectifs personnels.

«J'ai manifesté mon désir de bouger et mes besoins à un ancien collègue et rapidement, j'ai eu une offre très intéressante dans une institution financière. Je suis en poste depuis quelques mois et déjà, mon employeur me donne de plus en plus de responsabilités.»

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