La sélection: se donner une plus grande marge de sécurité

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Parce qu'il y a de plus en plus de risques de dérapage, il faut s'assurer... (PHOTO ARCHIVES AFP)

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Jean Gagnon
La Presse

Parce qu'il y a de plus en plus de risques de dérapage, il faut s'assurer lorsqu'on achète des titres boursiers d'obtenir une plus grande marge de sécurité. C'est du moins une des préoccupations actuelles de Stéphane Préfontaine, président de Préfontaine Capital, lorsque vient le temps de déterminer les titres qu'il achètera ou conservera dans son portefeuille.

«Bien que l'environnement macro-économique soit pour moi un facteur secondaire, on ne peut ignorer le fait que la création massive d'argent par les banques centrales et l'endettement sans précédent des gouvernements créent un risque sérieux de dérapage», dit-il.

Pour protéger le capital, il importe de se donner une bonne marge pour l'erreur au moment de l'achat de titres, selon lui. «Je dois m'assurer de payer un prix assez bas pour couvrir l'éventail des risques d'affaires, y compris celui que je me trompe dans mon évaluation», mentionne-t-il. De plus, devant la hausse importante des cours boursiers, il n'exclut pas l'idée d'augmenter son encaisse si les prix poursuivent leur ascension à des niveaux qu'il juge exagérés.

Concernant le risque, il adhère à la pensée de Warren Buffett. «La définition du risque n'est pas la volatilité d'un titre ou d'un portefeuille, mais plutôt une perte de pouvoir d'achat à long terme», dit-il.

«Dans cette optique, il n'y a pas actuellement de bonne solution de rechange à la détention à long terme d'entreprises de bonne qualité, car les obligations n'offrent pas un rendement suffisant pour couvrir l'inflation et les impôts», conclut-il.

Voici sa sélection.

Cisco Systems (CSCO)

Cours: 23,89 $US

Haut et bas (52 semaines): 24,25 $ et 14,96 $

Bénéfice par action: 1,65 $

Dividende: 2,89 %

L'entreprise de San Jose, en Californie, s'est positionnée de façon à profiter de trois importantes transformations technologiques, soit l'infonuagique, la mobilité et la vidéo. Elle offre non seulement des routeurs et des commutateurs, mais aussi des logiciels, des serveurs et des services. Bien que le prix de l'action de Cisco se soit apprécié de 42 % en un an, le ratio cours/bénéfice demeure raisonnable lorsqu'on soustrait l'encaisse nette, soit environ 8,7 fois, explique Stéphane Préfontaine. « Et grâce à cette encaisse de 31 milliards, elle pourra renforcer ses avantages concurrentiels par des acquisitions ciblées », dit-il. Le dividende a plus que doublé au cours des 12 derniers mois, note-t-il également.

Lafarge SA (LFRGY)

Cours: 17,69 $US

Haut et bas (52 semaines): 17,86 $ et 8,92 $

Bénéfice par action: 1,50 EUR

Dividende: 1,91 %

Ce producteur de ciment, de granulat et de béton a connu un premier trimestre difficile, notamment à cause de mauvaises conditions météorologiques. Les ventes comparables ont baissé de 4 %, note Stéphane Préfontaine. Mais les perspectives semblent bonnes, car le titre touchait lundi un nouveau haut des 52 dernières semaines. « La situation de ce leader mondial s'améliorera au cours des années à venir », dit M. Préfontaine. Il aime principalement sa diversification géographique, la qualité des actifs et son management. Il conserve le titre, malgré une progression de 82 % au cours de la dernière année, mais suggère de ne pas ajouter de nouvelles positions à un prix supérieur à 14-15 $.

Berkshire Hathaway (BRK.A)

Cours: 112,28 $US

Haut et bas (52 semaines): 113,55 $ et 78,28 $

Bénéfice par action: 5,24 $

Dividende: Aucun

Il s'agit bien sûr du conglomérat de Warren Buffett qui, en plus de ses intérêts dans l'assurance et la réassurance, investit dans environ 70 entreprises manufacturières, de transport, d'énergie, de services, de distribution et de détail. BRK.B détient également un important portefeuille de compagnies cotées en Bourse. « Ce qui caractérise toutes ces entreprises, c'est leur position concurrentielle très forte », dit Stéphane Préfontaine. Il a choisi le conglomérat pour la qualité de sa gestion du risque et la stabilité de son portefeuille d'actifs. Comme le titre se négocie actuellement à moins de 1,4 fois sa valeur comptable, il croit qu'il surpassera le rendement de l'indice S&P 500 pour les 5 à 7 prochaines années.

Cenovus Energy (T.CVE)

Cours: 31,40 $

Haut et bas (52 semaines): 36,25 $ et 28,32 $

Bénéfice par action: 1,66 $

Dividende: 3,1 %

L'entreprise doit actuellement composer avec l'impact du nouveau pétrole de schiste américain, ainsi qu'avec les difficultés à développer des pipelines. Mais l'avantage de Cenovus est qu'elle est à la fois producteur et raffineur, explique Stéphane Préfontaine. « Ainsi, lorsque le prix du pétrole lourd baisse, ses raffineries réalisent de meilleures marges bénéficiaires », souligne-t-il. Ses coûts sont également parmi les plus bas de l'industrie. « Mais aussi, il n'y a pas de risque d'exploration puisque ses réserves pétrolières supporteront plus de 50 ans de production », dit le gestionnaire.

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