La sélection: profitez d'une adversité temporaire

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Nul doute que le secteur du génie-conseil traverse actuellement un mauvais quart d'heure.

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

D'excellentes entreprises à un bon prix. Voilà ce que recherchent les investisseurs de type «valeur». Mais le «hic», c'est que les bonnes entreprises se négocient généralement à un cours déjà relativement élevé.

Sauf lorsqu'elles font face à des difficultés, explique Vincent Fournier, gestionnaire de portefeuilles chez Corporation Gestion de placements Claret. «Pour acheter les bonnes compagnies à un prix intéressant, il faut le faire lorsque celles-ci rencontrent de l'adversité», dit-il. «Nous recherchons donc les compagnies que nous considérons comme étant de grande qualité, mais qui connaissent des difficultés ou des malaises que nous jugeons temporaires», ajoute-t-il.

Plusieurs raisons amènent les investisseurs à délaisser de bonnes sociétés, selon lui. Par exemple, une entreprise très innovatrice dont le chiffre d'affaires et les bénéfices ont augmenté très rapidement, mais qui retrouve ensuite un taux de croissance plus normal. «Les investisseurs sont déçus, et le multiple cours/bénéfices qu'ils sont prêts à payer fond rapidement», dit-il.

De même pour une entreprise qui fait face à une problématique d'affaire qui n'avait pas été prévue, telle l'arrivée d'un nouveau concurrent ou d'un changement de réglementation.

Les cas de délestage (spin-off) offrent souvent de bonnes occasions d'achat, ajoute le gestionnaire de Claret. Une entreprise en difficulté doit parfois se départir d'une division qui n'est pas essentielle à son plan directeur. «Mais lorsque cette division fait cavalier seul en Bourse, le détachement de la maison-mère lui permet souvent d'améliorer sa rentabilité et de se négocier à des multiples plus intéressants», dit-il.

Il nous propose une sélection de quatre entreprises qui, si elles réussissent à vaincre l'adversité qu'elles rencontrent actuellement, pourraient voir le cours de leurs actions doubler d'ici trois à cinq ans.

Cisco Systems (CSCO)

Cours: 20,61$

Haut et bas (52 semaines): 21,67$ - 14,90$

Bénéfice par action: 1,99$

Dividende: 2,7%

Elle est le leader des équipementiers qui fabriquent les instruments utilisés par Bell, Vidéotron, Verizon et les autres pour bâtir leurs réseaux de communication. «Nous croyons que le trafic internet va continuer de croître au cours des prochaines années», dit Vincent Fournier. Les investisseurs sont actuellement déçus de voir le taux de croissance de l'entreprise et les marges bénéficiaires fléchir, ce qui se fait sentir dans l'évaluation du titre, selon lui. La société génère des flux de trésorerie importants, si bien que son encaisse est présentement de 6$ par action. En soustrayant celle-ci du cours actuel, l'action de la compagnie de San Jose, Californie, se négocie seulement neuf fois les bénéfices prévus, estime M. Fournier.

GENIVAR (T.GNV)

Cours: 23,04$

Haut et bas (52 semaines): 28,49$ - 18,73$

Bénéfice par action: 0,95$

Dividende: 6,4%

Nul doute que le secteur du génie-conseil traverse actuellement un mauvais quart d'heure. «Comme toutes les entreprises du secteur, Genivar risque à tout moment de faire les manchettes des journaux de façon négative», dit Vincent Fournier. Mais aussi, le secteur souffre du ralentissement des grands projets d'infrastructure qui ont marqué les années 2008-2009. Dans ce contexte difficile, l'entreprise a fait preuve d'une bonne vision en achetant la firme britannique WSP Group l'été dernier alors que l'industrie croupissait en Europe. «Un retour à la normale du secteur en général profitera beaucoup à la firme québécoise», dit M. Fournier.

National Presto Industries (NPK)

Cours: 75,69$

Haut et bas (52 semaines): 101,90$ - 65,01$

Bénéfice par action: 5,94$

Dividende: 1,3%

Cette société américaine fait actuellement face à beaucoup d'adversité dans ses trois principaux secteurs d'activité, soit les petits électroménagers, la défense et les absorbants. Elle subit la concurrence de la Chine qui fait chuter les prix pour les petits électroménagers, un contrat avec le département de la Défense a été reporté, et un problème de fabrication des absorbants a causé une baisse de la rentabilité. Mais l'entreprise devrait pouvoir s'en remettre, croit Vincent Fournier. «Détenue à 30% par ses dirigeants, elle possède un solide bilan, en plus d'être très bien gérée, ce qui lui permet de verser chaque année un dividende spécial, en plus du dividende régulier», dit-il.

Hyster-Yale Materials Handling (HY)

Cours: 50$

Haut et bas (52 semaines): 52,30$ - 37,68$

Bénéfice par action: Aucun

Dividende: 2%

Elle est apparue en bourse l'automne dernier à la suite d'un délestage (spin-off) de NACCO Industries qui l'a retournée à ses actionnaires. Depuis, elle s'est déjà appréciée de plus de 20%. Elle fabrique, distribue et offre le service après vente de chariots élévateurs. «Elle possède un bilan solide, génère d'excellents flux de trésorerie, verse un bon dividende régulier en plus d'offrir la possibilité d'un dividende spécial, et continue de gagner des parts de marché», résume Vincent Fournier.

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