Europe: il vaut mieux jouer « défensif »

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Bien qu'elle soit plus cyclique parce qu'elle se trouve dans le secteur de la consommation discrétionnaire (produits de luxe), LVMH vise une autre thématique intéressante, soit la croissance importante dans les pays émergents de la classe moyenne à supérieure et sa tendance à vouloir détenir des biens de luxe qui reflètent le statut social.

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

Depuis que Mario Draghi, gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), a promis l'été dernier de faire tout ce qui serait nécessaire pour empêcher l'éclatement de la zone euro, les investisseurs ont repris confiance envers les marchés boursiers européens. Mais cet optimisme est surfait, croit Marc Christopher Lavoie, vice-président, Marchés européens, chez Hexavest.

« L'environnement macro- économique mondial demeure l'un des plus hostiles des dernières décennies, et l'Europe est déjà en récession », dit-il. Et cette récession sera plus grave et plus longue que ce que les investisseurs anticipent, selon lui.

Les analystes prévoient une croissance des bénéfices des entreprises européennes de 10% en 2013, mais cela est beaucoup trop optimiste, craint le gestionnaire. « Habituellement, durant une récession, on assiste plutôt à une contraction des profits de l'ordre de 10-15% », dit-il. Depuis 2010, plusieurs pays de la zone euro ont adopté des mesures d'austérité importantes pour réduire l'endettement des gouvernements. Mais ces mesures ont aussi un impact négatif sur la croissance économique.

« C'est pourquoi il vaut mieux actuellement investir de façon défensive en Europe, et opter pour des entreprises évoluant dans les secteurs non cycliques des soins de la santé et de la consommation de base », dit Marc Christopher Lavoie.

Il nous propose une sélection de quatre grandes sociétés européennes qui se négocient également en dollars américains sous forme d'American depositary share (ADS) à la Bourse américaine.

Sanofi (SNY)

Cours: 48,82$ 1 ADS = 0,5 action

Haut et bas (52 semaines): 49,56$ - 33,03$

Bénéfice par action: 2,43$

Dividende: 3,8%

Plus grande entreprise pharmaceutique en France, Sanofi occupe une position dominante dans les soins contre le diabète, une des maladies qui croissent le plus rapidement dans le monde. Elle profite de l'expansion des marchés émergents qui représentent plus de 30% de ses revenus, explique Marc Christopher Lavoie. Un bilan très solide lui permet de verser un dividende de 3,8%. « Et ce dividende a augmenté de 8,6% par année depuis cinq ans », note M. Lavoie. Comme la majorité des pharmaceutiques, Sanofi fait face à la perte de brevets sur certains produits importants. Mais elle s'est renforcée en faisant l'acquisition de l'américaine Genzyme en avril 2011, ainsi que quelques autres sociétés ciblées.

Roche Holding AG (RHHBY)

Cours: 55,17$$ 1 ADS = 0,25 action

Haut et bas (52 semaines): 56,16$ - 38,63$

Bénéfice par action: 3,62$ (Estimé 2013)

Dividende: 3,7%

Roche Holding profite d'un portefeuille de produits prometteurs concentré autour de trois médicaments contre le cancer qui sont protégés par des brevets expirant entre 2014 et 2019, explique M. Lavoie. « Cela en fait la société pharmaceutique européenne le moins sujette à l'expiration des brevets au cours des prochaines années, dit-il. L'innovation est au coeur de la stratégie de la société, ce qui lui permet d'améliorer constamment ses traitements contre le cancer et de leur trouver de nouveaux usages thérapeutiques. » Bien que la société suisse montre une prime d'évaluation de 13% comparativement aux autres sociétés du secteur, celle-ci est quand même inférieure à la prime moyenne des cinq dernières années.

Unilever NV (UN)

Cours: 39,31$ 1 ADS = 1 action

Haut et bas (52 semaines): 40,87$ - 30,44$

Bénéfice par action: 1,76 EUR (Estimé 2013)

Dividende: 3,3%

La multinationale néerlando-britannique Unilever est le troisième groupe mondial en produits de consommation qu'elle regroupe en quatre catégories, soit les boissons et glaces, l'alimentaire, les soins de la personne et l'entretien de la maison. Sa pénétration des marchés émergents, d'où elle tire présentement 55% de ses revenus, lui a permis d'accroître ses parts de marché et de présenter une croissance organique de 6,9% en 2012, et cela se répercute sur son bilan, explique Marc Christopher Lavoie. « Elle génère des flux monétaires si importants qu'ils lui permettent de réduire sa dette à un point tel qu'elle pourrait éliminer d'ici deux ans », dit-il. Elle sera ainsi en bonne position pour procéder à des acquisitions ciblées.

LVMH Moet Hennessy Louis Vuitton SA (LVMUY)

Cours: 35,86$ 1 ADS = 0,2 action

Haut et bas (52 semaines): 38,47$ - 26,43$

Bénéfice par action: 6,75 EUR (Estimé 2013)

Dividende: 1,6%

Bien qu'elle soit plus cyclique parce qu'elle se trouve dans le secteur de la consommation discrétionnaire (produits de luxe), LVMH vise une autre thématique intéressante, soit la croissance importante dans les pays émergents de la classe moyenne à supérieure et sa tendance à vouloir détenir des biens de luxe qui reflètent le statut social, explique M. Lavoie. « La société, dont le portefeuille comprend 60 marques prestigieuses, met l'accent sur son expertise manufacturière et la prestation d'une expérience magasinage incomparable », dit-il. La croissance importante du nombre de citoyens des pays émergents en mesure de voyager et d'acheter des biens de luxe joue en sa faveur.

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