La sélection: jouer défensif face à la détérioration de l'économie

Le fabricant du jus Oasis a fait les... (Photo André Tremblay, La Presse)

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Photo André Tremblay, La Presse

Le fabricant du jus Oasis a fait les manchettes avec ses démêlés avec les savons Olivia's Oasis, qui a provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux.

André Dubuc
André Dubuc
La Presse

(Montréal) Stephen Gauthier, gestionnaire de portefeuille principal et stratège chez Valeurs mobilières Fin-XO, prévoit que le marché canadien continuera d'évoluer en dents de scie pour le reste de 2012. Selon lui, le climat économique va se détériorer au Canada malgré des conditions monétaires favorables ici et ailleurs dans le monde.

Les investisseurs font face à deux risques: la correction possible du prix des ressources en raison du ralentissement économique mondial et les pressions à la baisse sur les prix de l'immobilier, avec un risque sur les prêts hypothécaires pour le secteur financier.

De sa sélection, M. Gauthier recommande encore l'achat de quatre titres sur cinq. Il troque le Groupe TMX par la Banque Royale. En vertu de la valeur économique ajoutée (VEA) qui lui est cher, Stephen Gauthier s'intéresse aux entreprises qui ont le plus grand écart entre le rendement du capital investi et le coût du capital. Depuis le 30 septembre 2011, la sélection de M. Gauthier a procuré un rendement total de 8,5% mieux que le 5,6% pour le S&P/TSX.

Rogers Communications (T.RCI.B)

Prix fermeture: 36,68$

Prix aux 30 septembre 2011: 35,87$

Variation entre le 30 septembre 2011 et le 1er mai 2012: 2,26%

Dividende annuel: 1,58$

Des résultats trimestriels décevants viennent de ramener Rogers à quelques sous de sa valeur d'il y a six mois. M. Gauthier ne désespère pas. La rentabilité reste au rendez-vous, assure-t-il. De plus, la société a racheté 108 millions d'actions en 5 ans, soit 17% de son capital-actions. Comment expliquer sa performance mitigée au dernier trimestre? «Plus les abonnés choisissent des iPhone, plus Rogers doit subventionner l'achat des appareils et ça influence négativement ses résultats à court terme», explique M. Gauthier. Depuis octobre, le dividende annuel est passé de 1,42$ à 1,58$, une hausse appréciable de 11%. Il rachète du Rogers au cours actuel.

Groupe TMX (T.X)

Prix fermeture: 46,25$

Prix aux 30 septembre 2011: 40,94$

Variation entre le 30 septembre 2011 et le 1er mai 2012: 12,97%

Dividende annuel: 1,60$

Stephen Gauthier avait acheté le propriétaire de la Bourse de Toronto le 4 février 2011 à 40,03$. TMX attend le dénouement de l'offre d'achat de Maple, dont l'offre est évaluée autour de 48$ par action. «On est limité dans la plus-value possible en raison de l'offre qui est sur la table», dit-il. Il a donc vendu ses participations et les remplace par des actions de la Banque Royale (RY). La première banque canadienne a terminé son ménage dans ses activités américaines, selon lui. Le gestionnaire de portefeuille croit que l'institution financière va recommencer à augmenter son dividende de 7 à 8% par année au cours des trois prochaines années.

Industries Lassonde (T.LAS.A)

Prix fermeture: 71,45$

Prix aux 30 septembre 2011: 69,50$

Variation entre le 30 septembre 2011 et le 1er mai 2012: 2,1%

Dividende annuel: 1,20$

Le fabricant du jus Oasis a fait les manchettes avec ses démêlés avec les savons Olivia's Oasis, qui a provoqué une levée de boucliers sur les réseaux sociaux. Lassonde a finalement décidé de dédommager la fondatrice d'Olivia's Oasis, Deborah Kudzman, pour ses frais judiciaires. Quel a été l'impact sur le titre de cette mésaventure? «Aucun impact», assure notre invité de la semaine. Le titre est en hausse de 10% en six mois. Il s'attend à une nouvelle augmentation du dividende de 8% en mai.

Imperial Oil (T.IMO)

Prix fermeture: 45,97$

Prix aux 30 septembre 2011: 37,64$

Variation entre le 30 septembre 2011 et le 1er mai 2012: 22,1%

Dividende annuel: 0,48$

Comme bien des titres pétroliers, le prix de l'action d'Imperial Oil joue au yo-yo. En octobre 2011, IMO montrait des signes de faiblesse à 37,64$. «C'est le moment ou jamais d'en acheter», disait-il alors. Six mois plus tard, le titre est en hausse de 27%. «Une profitabilité VEA exemplaire, souligne-t-il. Il y a peu d'entreprises dans les ressources naturelles qui ont d'aussi bons chiffres.» La hausse du brut pendant la période n'a pas nui, c'est sûr. Un achat.

Groupe CGI (T.GIB.A)

Prix fermeture: 22,25$

Prix aux 30 septembre 2011: 19,74$

Variation entre le 30 septembre 2011 et le 1er mai 2012: 12,9%

Dividende annuel: s.o.

Bien que les revenus et les profits soient restés stables au deuxième trimestre 2012 par rapport à la même période l'an dernier, Stephen Gauthier accumule des actions de CGI. «Si on regarde l'évolution à long terme, les revenus progressent de 6 à 7% par année et dont la rentabilité est bonne», explique M. Gauthier. Il aime le fait que l'entreprise ait racheté environ 4% de ses actions l'an dernier et 16% de ses actions depuis cinq ans.

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STEPHEN GAUTHIER

Gestionnaire de portefeuille principal et stratège chez Valeurs mobilières Fin-XO

47 ans

Style de gestion : valeur économique ajoutée

Actif sous gestion : 550 millions de dollars

Clientèle : privée

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