À suivre cette semaine: bourrasques de volatilité en Bourse

« Aux États-Unis, l'un des catalyseurs du récent élan... (Photo Brendan McDermid, archives Reuters)

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« Aux États-Unis, l'un des catalyseurs du récent élan haussier est le plan fiscal de réduction des impôts proposé par l'administration Trump », souligne Pierre Trottier, gestionnaire de portefeuilles d'actions américaines chez Industrielle Alliance.

Photo Brendan McDermid, archives Reuters

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Chaque lundi, La Presse Affaires invite un professionnel du secteur des placements à discuter de ses principales préoccupations envers l'économie et les marchés financiers. Notre invité cette semaine : Pierre Trottier, gestionnaire de portefeuilles d'actions américaines au groupe Industrielle Alliance (IA). Du siège social à Québec, M. Trottier gère pour 1,3 milliard de dollars d'actifs répartis entre quatre fonds d'actions américaines et d'actions mondiales de la gamme IA Clarington, ainsi que les placements internes de l'Industrielle Alliance.

Que surveillez-vous ces jours-ci ?

C'est surtout le retour de la volatilité en Bourse, particulièrement aux États-Unis. D'autant qu'elle se manifeste au terme d'un autre élan haussier depuis quelques semaines qui survenait, lui, après des mois d'accalmie.

Cette récente performance de la Bourse américaine est en partie attribuable à la croissance des profits d'entreprises, mais aussi à la hausse des multiples de valeur (cours/bénéfice, cours/valeur comptable, etc.) que les investisseurs sont prêts à payer.

Au niveau des résultats, alors que 91 % des entreprises de l'indice S&P 500 ont publié leur troisième trimestre, c'est positif que les trois quarts (74 %) aient dépassé leurs attentes de profits et les deux tiers (66 %), leurs attentes de revenus.

Au niveau des multiples, l'indice S&P 500 se négocie maintenant à 18 fois les profits prévus pour les 12 prochains mois. C'est relativement élevé sur une base historique.

Néanmoins, la croissance des profits prévue en 2018 est de l'ordre de 11 %, selon le consensus parmi les analystes. C'est positif et ça explique en partie les multiples élevés que les investisseurs sont prêts à payer.

Aussi, le rendement en dividendes des actions américaines - à 1,9 % - demeure attrayant face à la faiblesse persistante des rendements obligataires.

Quels motifs derrière ce retour de la volatilité en Bourse ?

J'en considère deux en particulier. D'ordre fiscal aux États-Unis et d'ordre géopolitique, lié au retour des tensions dans le marché pétrolier.

Aux États-Unis, l'un des catalyseurs du récent élan haussier est le plan fiscal de réduction des impôts proposé par l'administration Trump.

Ce plan suscite des attentes sur la croissance des profits dès les prochains trimestres, qui serait de l'ordre de 8 % selon les plus optimistes.

Or, les complications politiques à Washington à propos de ce plan fiscal s'annoncent considérables. Comme on l'a vu la semaine dernière, cette incertitude suscitera de la volatilité dans les marchés dans les semaines à venir.

Au niveau géopolitique, ce sont les motifs derrière le rebond marqué du prix du pétrole qui interpellent de plus en plus en Bourse.

Est-il attribuable au regain de croissance de l'économie mondiale et, donc, au rebond de la demande de pétrole ? Ou plutôt au regain des tensions politiques au Moyen-Orient, entre les principaux pays producteurs membres de l'OPEP ?

Dans ce cas, il s'agirait du retour d'une « prime géopolitique » sur le prix du pétrole, peut-être de l'ordre de 10 $US par baril. Ça veut dire que le prix du brut pourrait rebondir des environs de 50 $US à 60 $US le baril au moindre accroc entre pays producteurs.

Entre-temps, les marchés s'interrogent sur la possibilité que l'OPEP confirme ou reporte son programme de baisse de production lors de sa réunion du 30 novembre.

Quel impact sur vos portefeuilles d'actions américaines ?

Malgré la volatilité accrue à court terme, la Bourse américaine demeure en contexte favorable pour une bonne fin d'année. Pas nécessairement en appréciation additionnelle, mais plutôt en termes de consolidation des gains réalisés.

Un facteur important est l'ampleur des rachats d'actions automatisés qui demeurent en fonction parmi un grand nombre d'entreprises influentes en Bourse.

On voit leur impact ces temps-ci lorsque des indices boursiers ou des actions d'entreprises en vue rebondissent en fin de journée après un recul parfois significatif en cours de séance.

Cela dit, tous les secteurs de la Bourse américaine ne sont pas d'intérêt égal.

Le secteur des services financiers et des banques demeure avantageux dans un contexte de hausses de taux d'intérêt et de bonne tenue de l'économie américaine.

En contrepartie, je sous-pondère les titres à revenu des entreprises du secteur des services publics, dont la valeur peut être affectée par les hausses de taux (actions à dividendes, obligations corporatives).

Quant aux entreprises-vedettes du secteur technologique, leur popularité en Bourse les a rendues sans doute un peu dispendieuses, au point de justifier des prises de profit par revente partielle.

Néanmoins, force est de constater que plusieurs entreprises en vue de ce secteur continuent de livrer la marchandise avec la croissance de leurs résultats.

Et pour vos clients-investisseurs chez l'Industrielle Alliance ?

L'une de mes préoccupations ces temps-ci pour les avoirs de ces clients qui sont investis en actions américaines est de consolider leurs gains en dépit des fluctuations du taux de change du dollar canadien, tout en continuant de profiter du momentum suscité par la vigueur des résultats des entreprises.

Pour l'essentiel, notre stratégie vise à protéger le rendement en dollars canadiens de nos investisseurs sur la Bourse américaine avec l'achat de contrats à terme sur le dollar canadien.

Comme on l'a vu plus tôt cette année, une appréciation du dollar canadien par rapport à son voisin américain peut nuire au rendement net des investisseurs canadiens en actions américaines.

Or, malgré la récente baisse du dollar canadien à des niveaux historiquement bas, nous anticipons sa remontée au cours des prochains trimestres.

Pour deux raisons principales : le raffermissement du prix du pétrole et des autres matières premières d'importance, ainsi que la remontée des taux d'intérêt par la Banque du Canada, en suivi des hausses attendues à la Réserve fédérale américaine.

Dans l'actualité boursière cette semaine

RÉSULTATS DE TROISIÈME TRIMESTRE

(échantillon d'entreprises en vue)

À LA BOURSE CANADIENNE

  • Aujourd'hui : Groupe HNZ (transport aérien)
  • Mercredi : Loblaw

EN BOURSE AMÉRICAINE

  • Aujourd'hui : Tyson Foods
  • Demain : Home Depot, TJX (magasins Winners, Marshalls, HomeSense)
  • Mercredi : Cisco Systems, Target (grands magasins)
  • Jeudi : Walmart, Best Buy, GAP

INDICATEURS ÉCONOMIQUES

AU CANADA

Jeudi : 

  • Ventes manufacturières (sept.)
  • Investissements étrangers en valeurs mobilières (sept.)

Vendredi : 

  • Indice IPC des prix à la consommation (oct.)

AUX ÉTATS-UNIS

Mercredi : 

  • Indice CPI des prix à la consommation (oct.)
  • Ventes au détail (oct.)

Sources : Thomson Reuters, billets d'économistes bancaires




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