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Le huard déjoue les spéculateurs

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Voilà neuf semaines de suite que le dollar canadien est en hausse.

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Tout converge pour que le huard poursuive son envolée cette semaine, y compris le revers de fortune des spéculateurs qui misaient sur sa descente dans les nuages.

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Le dollar canadien est en hausse depuis neuf semaines de suite. Parti d'un creux de 69 cents US, le 19 janvier, il a remonté jusqu'à 77 cents US, vendredi, un sommet en cinq mois. On n'avait pas vu pareille remontée depuis l'été de 1990, quand il avait regagné 4 % pour atteindre 88 cents US, note Frances Horodelski, du réseau BNN.

Notre devise profite de l'effet combiné de l'affaiblissement du dollar américain, alors que les attentes de resserrement monétaire ont été réajustées à la baisse, ainsi que de la revalorisation du pétrole, explique Jimmy Jean, économiste principal au Mouvement Desjardins. Avery Shenfield, de la CIBC, cite aussi le rebond des exportations et l'influx de capitaux américains pour payer la note des dernières acquisitions chez nous.

« Comme les choses changent vite », lance le chef économiste de la CIBC qui, au début de janvier, conseillait avec justesse aux exportateurs canadiens de protéger leur mise en dollars US alors que, écrivait-il, « tout ce qui peut blesser le huard est déjà pris en compte ».

« La surprise a été la rapidité avec laquelle les marchés ont changé de cap. Le dollar canadien n'est toujours pas cher par rapport aux normes historiques et les spéculateurs pourraient le pousser plus loin dans les prochains jours. » - Avery Shenfield, chef économiste de la CIBC, dans son plus récent billet hebdomadaire

L'ÉLASTIQUE SE TEND

Des cambistes envisagent en effet la possibilité que le dollar canadien soit maintenant propulsé par un « short squeeze », dans le jargon financier, ou « sortie par le haut » en meilleur français, comme on l'a vu pour le yen japonais la semaine dernière.

Il s'agit d'une configuration rare mais impressionnante qui touche essentiellement des valeurs massacrées par les vendeurs à découvert. Ceux-ci s'enrichissent en vendant des actions, métaux, denrées ou devises, qu'ils empruntent à leur courtier. Le plan consiste à les racheter quand leur prix aura baissé.

Mais il arrive que le marché se retourne contre ces spéculateurs et que les prix rebondissent d'autant plus violemment. C'est le « short squeeze ». Les vendeurs à découvert pris à contrepied se retrouvent alors forcés de racheter ces valeurs à tout prix pour déboucler leur position, soutenant la hausse bien malgré eux.

Le chroniqueur financier Matt Levine, de Seeking Alpha, souligne que dans ces courses à la liquidité, ce ne sont pas les suiveux (suckers) qui se font avoir, mais bien les vendeurs à découvert. Cela contribue en quelque sorte à assainir le marché, note-t-il.

Le dollar canadien s'apprête par ailleurs à entrer dans un cycle saisonnier qui lui est favorable. Le huard a progressé en moyenne de 2 % en avril, ces 20 dernières années, et n'a jamais perdu de plumes ces dix dernières années, relève Doug Porter, chef économiste de BMO Nesbitt Burns.

LA REVANCHE DES MARTYRS

Voici trois exemples mémorables de « short squeeze » en Bourse.

VOLKSWAGEN

Des fonds spéculatifs qui pariaient sur la baisse de l'action Volkswagen en 2008 ont perdu 1,8 milliard d'euros dans l'aventure. Les fonds accusent Porsche d'être à l'origine d'un « short squeeze massif » en octobre 2008 en rachetant discrètement la quasi-totalité des actions ordinaires VW sur le marché dans le but de reprendre le constructeur de Wolfsburg. La tentative d'OPA de Porsche sur VW a avorté et le titre est reparti à la baisse, mais il était trop tard pour les vendeurs à découvert.

TESLA

Le constructeur d'automobiles électriques Tesla Motors a donné du fil à retordre aux vendeurs à découvert, en 2013. Les ventes à découvert représentaient 28 % du flottant en mars. Cela n'a pas empêché le titre de continuer sa progression en Bourse alors que les célébrités hollywoodiennes s'entichaient du nouveau véhicule « vert ». La course à la couverture a provoqué une accélération digne du modèle S deux mois plus tard.

HERBALIFE

Bill Ackman, le gérant de fonds de couverture combatif, avait vendu à découvert 20 millions d'actions valant près de 1 milliard US du fabricant de suppléments alimentaires Herbalife, début 2013, tout en attaquant publiquement la société décrite comme un « complot pyramidal ». Le groupe a démenti avec vigueur les accusations d'Ackman que le milliardaire Carl Icahn, qui possédait une large participation au capital, a traité à son tour de « perdant majeur ». Le titre débalancé a bondi de 35 $US à plus de 50 $US en mai.

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