Sociétés pétrolières: la fête est finie

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Le gouvernement Harper a resserré les règles encadrant les acquisitions d'entreprises pétrolières canadiennes par des intérêts étrangers depuis l'achat de la société Nexen, de Calgary, par la chinoise CNOOC.

La fête est finie pour les titres pétroliers canadiens, maintenant que le gouvernement de Stephen Harper a resserré les règles pour les fusions et acquisitions de la part de sociétés publiques étrangères, après avoir laissé passer Nexen et Progress Energy Resources.

Dernières pétrolières bradées, Nexen - promise à la société d'État chinoise China National Offshore Oil Co. (CNOOC) - et Progress - qui passera dans le giron de la société malaisienne Petroliam Nasional - s'éclipsent avec des gains de plus de 13%, à 26,77$ et 21,96$, respectivement. Le marché corrige ainsi ses attentes trompées alors que ces deux titres étaient en retrait d'environ 6%, vendredi, dans l'attente de la décision du fédéral. Ils avoisinent maintenant leur prix de rachat respectif sur la table, de 27,50$ et 22$.

L'analyste Kyle Preston, de la Financière Banque Nationale, note que les actionnaires de Progress, qui développe des projets de gaz naturel dans le nord-est de la Colombie-Britannique, peuvent se réjouir d'une hausse de 90% de la valeur de leur placement depuis le jour précédant le dépôt de la première offre publique pour leurs actions, il y a moins de cinq mois. L'offre de Petronas avait d'abord été rejetée par le gouvernement fédéral et l'entreprise a dû réviser sa proposition à 5,2 milliards.

La vente de Nexen avec son projet de sables bitumineux Long Lake contre 15,1 milliardsest la plus importante transaction dans cette industrie au Canada depuis l'acquisition de Petro-Canada par Suncor Energy pour 18 milliards en août 2009. CNOOC a lancé l'offre amicale en juillet en fournissant une série de garanties sur la création d'emplois, l'emplacement du siège social et la gouvernance de l'entreprise.

Le dollar canadien profite de ces transactions colossales puisqu'elles seront réglées en huards après conversion de yuans et de ringgits. Le dollar canadien a gagné 0,41 cent pour une équivalence de 101,32 cents US, hier, son plus haut niveau en sept semaines.

Les institutions financières en tirent aussi profit. Goldman Sacks, de New York, et la Banque Royale, qui conseillaient Nexen, toucheront notamment près de 80 millions en honoraires tandis que la Banque de Montréal et la Scotia se partageront près de 23 millions pour leurs conseils à Progress Energy, selon de premières estimations.

Les prix du pétrole étaient eux-mêmes en avance, hier. Les contrats pour livraison de pétrole brut à la Chine, premier importateur mondial de pétrole, approchent le niveau record de 5,98 millions de barils par jour établi en février dernier.

Restrictions futures

Par contre, les autres pétrolières qui doivent faire une croix sur toute prime d'acquisition d'origine étrangère ont retraité à la Bourse. Athabasca Oil et MEG Energy, deux autres pétrolières de Calgary, abandonnent respectivement 2% et 3% de leur valeur boursière maintenant que le gouvernement Harper a restreint les prochaines acquisitions par des sociétés d'État étrangères dans les sables bitumineux aux seules «circonstances exceptionnelles». La nouvelle politique est plus catastrophique pour la junior Connacher Oil&Gas, qui chute de près de 21%.

«Compte tenu de la nouvelle définition des entreprises publiques qui inclut les entreprises sur lesquelles des gouvernements étrangers ont une influence directe ou indirecte, certaines des plus grandes sociétés énergétiques dans le monde qui auraient été les acquéreurs les plus logiques pour les grands dépôts de sables bitumineux canadiens se trouvent exclues du processus d'acquisitions directes au Canada», note le service de recherche de RBC Dominion Valeurs mobilières.

«Il y a un risque de manquer de capital pour remplacer ce que les entreprises d'État auraient pu apporter», ajoute Walid Hejazi, de la Rotman School of Management de l'Université de Toronto. «Beaucoup d'entreprises ne vont pas atteindre leur plein potentiel en raison d'un manque d'accès au capital», a déclaré le professeur de compétitivité internationale, en entrevue à l'agence Bloomberg.

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