La sélection: pour réduire la volatilité du portefeuille

Les banques canadiennes devront vivre avec de nouvelles... (Photo Nathan Denette, Archives La Presse Canadienne)

Agrandir

Photo Nathan Denette, Archives La Presse Canadienne

Les banques canadiennes devront vivre avec de nouvelles contraintes mises en place dont celui de se référer à un organisme indépendant pour le traitement des plaintes.

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

Plus de quatre ans après l'implosion boursière causée par la crise financière, les marchés boursiers ont finalement recoupé leurs pertes et sont de retour au niveau d'avant la crise de 2008. Nul doute que pour les détenteurs de portefeuilles d'actions qui comptaient sur la croissance de l'économie mondiale pour faire fructifier leurs avoirs, la déception est de taille. Plusieurs ont plutôt découvert un concept fort important en investissement, la volatilité. Et surtout le fait qu'il faut composer avec elle.

«La sensibilité des investisseurs n'a pas changé seulement en raison du marché baissier, mais aussi en raison de la volatilité extrême», dit Jean Duguay, premier vice-président et gestionnaire principal pour le Groupe Eterna, firme de gestion de portefeuilles de Québec.

«Pas étonnant alors qu'ils soient aujourd'hui à la recherche de stratégies de réduction du risque qui pourront faire baisser la volatilité du portefeuille, et ainsi protéger leur capital», ajoute-t-il. La sélection de titres est un élément essentiel de ces stratégies. Elle consiste à choisir les titres à faible «bêta», c'est-à-dire des titres qui fluctueront moins que l'ensemble du marché. La stratégie de Jean Duguay est axée sur les sociétés à grande capitalisation qui offrent une volatilité inférieure au marché. Parmi les éléments d'analyse fondamentale qu'il privilégie, il porte d'abord son attention sur la croissance du dividende et du chiffre d'affaires.

Voici sa sélection de deux titres américains et de deux titres canadiens.

McDonald's (MCD)

Cours: 85,86$

Haut et bas (52 semaines): 102,22$ - 83,31$

Bénéfices par action: 5,31$

Dividende: 3,6%

La chaîne de restauration rapide se démarque par son modèle d'affaires stable, mais aussi par son rendement sur le capital qui a excédé 17% au cours des trois dernières années, note Jean Duguay. Par ailleurs, les ventes ont accusé une diminution au dernier trimestre, ce qui a fait reculer le titre à son creux des 52 dernières semaines lorsque les résultats ont été publiés. Ceci crée une bonne occasion d'achat pour les investisseurs qui recherchent un titre dont la volatilité est basse (bêta de 0,6) et le rendement du dividende élevé (3,6%), croit le gestionnaire.

Colgate-Palmolive (CL)

Cours: 107,61$

Haut et bas (52 semaines): 110,97$ - 87,22$

Bénéfices par action: 5,22$

Dividende: 2,3%

Ce manufacturier de produits de consommation à l'échelle mondiale continue d'accroître son chiffre d'affaires de 3 ou 4% année après année, souligne Jean Duguay. Et le rendement sur le capital investi est supérieur à 20%. Leader mondial dans son secteur, l'entreprise jouit d'une diversification idéale autant quant à sa gamme de produits que sur le plan géographique. Bien que le titre se négocie près de son sommet des 52 dernières semaines, il demeure intéressant étant donné que la direction a su obtenir des résultats qui ont permis une ascension continue du titre au cours des quatre dernières années.

Telus ((T.T.A)

Cours: 64,24$

Haut et bas (52 semaines): 50,11$ - 65,26$

Bénéfices par action: 6,62$

Dividende: 3,9%

Évoluant dans un secteur hautement concurrentiel, l'entreprise dont le siège social est à Vancouver tire très bien son épingle du jeu, note Jean Duguay. Grâce à un bêta aussi bas que 0,5, le titre est très attrayant pour les investisseurs qui cherchent à réduire la volatilité de leur portefeuille. À partir de son modèle d'évaluation qui repose entre autres sur l'estimation des flux de trésorerie futurs, le gestionnaire croit que la valeur intrinsèque de Telus s'approche de 90$. Le secteur des télécommunications est très attrayant, selon lui. L'action de Bell est également intéressante, mais il lui préfère Telus parce que sa volatilité est plus basse.

Banque Royale (RY)

Cours: 58,01$

Haut et bas (52 semaines): 59,13$ - 44,20$

Bénéfices par action: 4,79$

Dividende: 4,1%

La plus grande institution financière canadienne publiera demain ses résultats du quatrième trimestre. En raison de la crise financière, les grandes banques dans le monde sont devenues des titres très volatils au cours des dernières années. L'action de la Banque Royale s'en est toutefois bien tirée et son bêta est de 0,9, ce qui la qualifie pour le portefeuille à volatilité réduite de Jean Duguay. Bien que les banques subissent actuellement la double pression d'un ralentissement de la construction immobilière et des dépenses de consommation, la Banque Royale continuera de présenter des résultats enviables, prévoit le gestionnaire. Il se réjouit entre autres que la banque ait augmenté son exposition au secteur du prêt automobile. De plus, le dividende de 4,1% diminue le risque de voir le titre baisser substantiellement.

----------------

NOTRE SPÉCIALISTE

Jean Duguay

Premier vice-président et gestionnaire principal pour le Groupe Eterna

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer