La guerre des cigarettiers fait mal à Couche-Tard

Sylvain Larocque
La Presse Canadienne
Montréal

La vive concurrence que se livrent les fabricants de cigarettes aux États-Unis a fait mal à Alimentation Couche-Tard (T.ATD.B) au cours des derniers mois.

«(Les cigarettiers) sont en guerre, chacun tentant de gagner des parts de marché et nous, les détaillants, nous nous retrouvons au milieu du champ de bataille», a raconté mardi le grand patron de Couche-Tard, Alain Bouchard, au cours d'une téléconférence avec les analystes financiers.

L'an dernier, le géant Philip Morris a décrété une baisse du prix des cigarettes que plusieurs de ses concurrents ont par la suite imitée. Dans le but de contrer la baisse de revenus qui a suivi, la filiale américaine de Couche-Tard, Circle K, a lancé sa propre marque, Crown.

Malgré tout, les revenus provenant des cigarettes demeurent inférieurs à ce qu'ils étaient l'an dernier, ce qui tire vers le bas la croissance des ventes des stations-service Circle K.

C'est ainsi qu'au deuxième trimestre de l'exercice financier de Couche-Tard, qui a pris fin le 14 octobre, les ventes des magasins comparables - ceux qui sont ouverts depuis au moins un an - n'ont progressé que de 0,4 pour cent alors qu'elles avaient crû de 2,8 pour cent au premier trimestre. Hormis les cigarettes, les ventes ont augmenté de 2,7 pour cent.

Au Canada, il n'y a pas de guerre de prix dans le marché des cigarettes, mais le ralentissement économique a eu pour effet de contenir à 0,4 pour cent également la progression des ventes des magasins comparables, contre cinq pour cent au premier trimestre.

Résultats

Deux autres éléments négatifs ont nui aux résultats du deuxième trimestre: les marges bénéficiaires sur la vente de carburant aux États-Unis ont reculé et les frais financiers ont augmenté en raison de l'acquisition de la chaîne norvégienne Statoil Fuel & Retail (SFR), plus tôt cette année.

Le bénéfice par action ajusté, qui exclut certains éléments exceptionnels, s'est donc élevé à 90 cents US, ce qui est inférieur à la prévision moyenne de 94 cents US des analystes.

Ceci dit, l'acquisition de SFR a surtout eu du bon pour Couche-Tard. Elle a largement contribué à faire bondir de 54,4 pour cent les profits nets de l'entreprise lavalloise au deuxième trimestre. Ceux-ci ont atteint 175,2 millions $ US (94 cents US par action), contre 113,5 millions $ US (61 cents US) lors du même trimestre de l'an dernier.

En plus de l'intégration de SFR, Couche-Tard a profité de la hausse de la marge bénéficiaire sur les ventes de marchandises aux États-Unis, d'un bon contrôle des dépenses et d'un taux moyen d'impôt à la baisse.

Le chiffre d'affaires trimestriel a explosé de 80,8 pour cent pour s'élever à 9,32 milliards $ US.

Les dirigeants de Couche-Tard et de SFR sont en train de comparer leurs façons de faire respectives afin d'identifier des «meilleures pratiques» qui pourraient être instaurées dans l'ensemble du groupe. La direction de Couche-Tard maintient que l'acquisition de SFR se traduira par des synergies annuelles oscillant entre 150 et 200 millions $ d'ici trois ans.

Dans les semaines suivant l'annonce de la transaction avec SFR, Couche-Tard avait fait part de son intention d'acquérir d'autres détaillants européens, notamment en Allemagne.

Or mardi, M. Bouchard a invité les investisseurs à la patience, disant vouloir éviter de «détruire» quoi que ce soit chez SFR en procédant trop rapidement, que ce soit sur le plan des acquisitions ou des synergies.

L'action de Couche-Tard a perdu 1,5 pour cent mardi pour clôturer à 46,54 $, à la Bourse de Toronto.

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