Les initiés prévoient une reprise

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) S'il faut se fier aux initiés des sociétés américaines, la correction du marché boursier serait maintenant terminée et elle sera probablement suivie par une reprise intéressante au cours des prochaines semaines.

C'est du moins la conclusion de Mark Hulbert, éditeur de la lettre financière Hulbert Financial Digest, à la suite de la plus récente publication du Vickers Weekly Insider Report qui traite des transactions d'initiés.

Chaque semaine, ce rapport fournit le ratio du total des actions vendues par les initiés sur le total des actions achetées. Le ratio reflète le degré de confiance ou de crainte des initiés. Plus il est bas, plus les initiés sont confiants car ils vendent peu. Inversement, plus ce ratio est élevé, plus les initiés sont craintifs car les ventes excèdent de beaucoup les achats.

S'il est intéressant d'observer ce que font les initiés, c'est qu'ils sont les mieux placés pour évaluer si la valorisation boursière de l'entreprise est justifiée par sa performance. Ainsi, ils auront tendance à précipiter leurs ventes ou à conserver leurs actions en fonction des perspectives de l'entreprise pour les mois et les trimestres suivants.

Vendredi dernier, le ratio s'établissait à 1,58, c'est-à-dire qu'un peu plus d'une action et demie était vendue pour chaque action achetée, mais cela constitue une lecture très basse, car la moyenne du ratio pour les 10 dernières années est de 3,4.

Depuis deux ans, les creux atteints par le ratio ont constitué de bons indicateurs qu'une reprise était imminente, observe Mark Hulbert. Ce fut le cas le 5 juillet 2010, alors que le ratio toucha 1,83.

L'indice S&P 500 grimpa ensuite de 1020 à 1125, un gain de 10%, en quelques semaines seulement. Même chose en octobre 2011. Le ratio des ventes sur les achats des initiés tomba à 1,04 le 3 octobre, et le S&P 500 gagna près de 16% durant le mois.

De nouveau le 4 juin 2012, l'indicateur Vickers de l'activité des initiés recula jusqu'à 1,67. Cela coïncida avec un bas de marché alors que l'indice S&P 500 était à 1280. À peine trois mois plus tard, l'indice touchait son sommet de l'année à 1460. Si l'histoire devait se répéter, une reprise intéressante se prépare, croit M. Hulbert.

Notons que lorsque l'indice S&P 500 a touché 1460 points, le ratio des transactions d'initiés atteignait 6,86, et le marché s'est corrigé de 7,5% par la suite.

Il ne faut pas s'étonner qu'il y ait toujours plus de vendeurs que d'acheteurs chez les initiés. Une partie de leur rémunération provient d'options qu'ils se voient octroyées au fil des années. Pour toucher cette rémunération, il leur faut exercer les options et vendre sur le marché les actions obtenues.

Indicateur imparfait

Par ailleurs, les indicateurs liés aux transactions d'initiés comportent certaines faiblesses, prévient Ron Meisels, président de Phases&Cycles, gestionnaire spécialisé en analyse technique. Ces transactions sont effectuées pour plusieurs raisons différentes.

Parfois, les nouveaux directeurs et dirigeants d'entreprise sont forcés d'acquérir une participation dans l'entreprise. Ou ceux déjà en place peuvent être forcés de vendre leurs actions, en tout ou en partie, pour différentes raisons personnelles.

C'est pourquoi M. Meisels utilise peu ce type d'indicateur, préférant plutôt les indicateurs de sentiment qui, à partir d'enquêtes auprès d'investisseurs et de gestionnaires, indiquent si les investisseurs font preuve d'une trop grande confiance, ou d'un trop grand pessimisme quant aux perspectives des marchés.

Bien que le ratio publié dans le Vickers Weekly Insider Report soit bien coté comme indicateur technique, il doit être utilisé avec circonspection, ajoute Serge Pépin, directeur général, Investissements, BMO Gestion mondiale d'actifs. Il existe plus de 200 indicateurs techniques.

«Chacun performe bien dans certaines situations de marché et moins bien dans d'autres», dit M. Pépin. Il suggère donc de valider l'information avec d'autres indicateurs de momentum, notamment les indicateurs de volume à la hausse comparativement au volume à la baisse.

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