Quelle rentrée en Bourse, après un bel été?

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Contrairement aux deux étés précédents durant lesquels les marchés boursiers avaient été dévastés, l'été 2012 nous a apporté une embellie de plus de 10% de l'indice S&P 500 de la Bourse américaine. Celui-ci a presque retrouvé son sommet de l'année atteint en avril à 1420.

Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) Malgré une économie chancelante et une crise européenne toujours latente, les Bourses ont connu un bel été. Mais de quoi sera faite la rentrée? La magie des banques centrales continuera-t-elle de jouer?

Contrairement aux deux étés précédents durant lesquels les marchés boursiers avaient été dévastés, l'été 2012 nous a apporté une embellie de plus de 10% de l'indice S&P 500 de la Bourse américaine. Celui-ci a presque retrouvé son sommet de l'année atteint en avril à 1420.

Pourtant, des dirigeants de grandes entreprises, dont Doug Oberhelman, président de Caterpillar, demeurent particulièrement inquiets devant les incertitudes auxquelles fait face l'économie. «La situation n'a jamais été aussi imprévisible que présentement», a-t-il dit hier en entrevue au Financial Times.

Caterpillar

Le comportement de l'action de Caterpillar reflète d'ailleurs les craintes de son président. Le titre a toujours été considéré comme un indicateur de la santé de l'économie mondiale. C'est que l'entreprise est le plus important producteur d'équipement de construction du monde. Quand l'économie va, la demande pour ses produits est forte et le titre s'apprécie. Au contraire, un ralentissement économique a un effet négatif sur le titre.

Bien que l'action de Caterpillar se soit redressée de 10% depuis la mi-juillet et cote actuellement 89$, elle est encore bien en deçà des 115$ auxquels elle se négociait pas plus tard qu'en février. Pas surprenant que M. Oberhelman s'inquiète.

Mais l'ensemble des investisseurs ne semble pas partager ses craintes. Ils ont jeté leur dévolu sur d'autres secteurs, telles les financières et les technos, si bien que l'ensemble du marché a beaucoup mieux fait que le fabricant d'équipement qui est présent sur tous les continents et dont le siège social est en Illinois.

Les banques centrales

Si les investisseurs sont aussi confiants, c'est sûrement grâce aux banques centrales qui ne ménagent aucun effort pour contrer les éléments de risque. La Banque centrale européenne (BCE) vient d'ailleurs d'annoncer son intention d'intervenir afin que les taux des obligations de pays tels que l'Espagne n'excèdent pas un niveau prédéterminé.

Quant à la Réserve fédérale (Fed), le discours que prononcera Ben Bernanke au symposium économique de Jackson Hole le 31 août à 10h sera suivi de très près. Le président de la Fed pourrait y dévoiler les prochaines actions qu'envisage la banque centrale américaine.

Chez Brockhouse Cooper, le stratège Pierre Lapointe croit qu'une action additionnelle d'assouplissement des conditions monétaires par la Fed est imminente, et qu'elle prendra la forme d'un rachat d'obligations de sociétés et de titres hypothécaires, et non pas de rachats additionnels d'obligations du gouvernement.

Une telle action de la Fed aurait comme effet d'accroître la confiance du secteur privé quant à sa capacité de vendre des actifs, réduisant ainsi les craintes quant à la liquidité tout en diminuant les coûts d'emprunts des sociétés, résume M. Lapointe.

Gare à la complaisance

Mais en même temps, les investisseurs ont baissé leur garde, souligne David Rosenberg, économiste en chef et stratège chez Gluskin Sheff. «L'élément le plus important de la semaine dernière est que l'indice de volatilité VIX est tombé à 13,45, son plus bas niveau depuis 2007», dit-il.

L'indice VIX, qui mesure les primes payées sur les options du S&P 500, indique l'état de confiance ou d'anxiété des investisseurs. Plus il baisse, plus les investisseurs sont confiants.

L'histoire démontre toutefois qu'à la Bourse, la complaisance est souvent mauvaise conseillère. Au cours des deux dernières années, chaque fois que le VIX s'est retrouvé en dessous de 15, une correction variant entre 6% et 19% a suivi, rappelle Ismaël Chiadmi, directeur de l'analyse quantitative chez Montrusco Bolton.

Par ailleurs, nul ne peut prétendre que la tendance du marché américain depuis trois mois ne soit pas bien établie. La poussée depuis le début de l'été a été une succession de hauts et de bas toujours plus hauts, souligne Ron Meisels, président de Phases&Cycles et spécialiste de l'analyse technique.

«Les marchés pourraient faire une pause, mais les investisseurs doivent respecter la tendance tant que celle-ci ne se sera pas clairement inversée», dit-il.

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