Les marchés: le trio caféiné du matin

Des dirigeants de Manchester United ont fait résonner... (PHOTO ASSOCIATED PRESS)

Agrandir

PHOTO ASSOCIATED PRESS

Des dirigeants de Manchester United ont fait résonner la cloche d'ouverture de séance vendredi, à la Bourse de New York.

Il n'y a pas de côté de rue plus ensoleillé pour les marchands de café. Des nuages planent autant sur Starbucks, Second Cup et Green Mountain (Van Houtte) qui, bien qu'éminemment rentables, ont tous connu des jours meilleurs en Bourse.

Le marché est particulièrement sévère pour le torréfacteur Starbucks. Les actions de la chaîne américaine de cafés haut de gamme ont trébuché de 12% au lendemain de la publication de ses résultats de son dernier trimestre, il y a deux semaines. Au cours actuel de 45,57$ US, le titre, qui a tout de même presque quintuplé de valeur en trois ans et demi, se négocie à 26 fois les bénéfices courus et procure un dividende de 1,5%.

Les analystes déçus

Starbucks a dévoilé des résultats inférieurs aux attentes en raison d'une demande plus faible en Europe. La chaîne de Seattle a aussi déçu les analystes en abaissant ses prévisions de profits pour le trimestre en cours. Starbucks a réalisé un chiffre d'affaires de 3,3 milliards avec ses cafés de spécialité au dernier trimestre, en hausse de 13% par rapport à la période comparable de 2011, notamment grâce à une hausse de 7% des ventes aux États-Unis. C'est l'un des rares grands groupes américains à afficher une croissance du chiffre d'affaires supérieur à 10% en cette période de ralentissement économique.

L'entreprise, qui pèse pas moins de 35 milliards US en Bourse, soit autant que le groupe BCE chez nous, reçoit toujours la faveur de 24 des 32 analystes qui s'y intéressent. Ceux-ci visent en moyenne un prix cible de 58,52$ US pour le torréfacteur, une légère correction par rapport à il y a un mois.

La chaîne canadienne The Second Cup accuse également des signes de difficulté pour son dernier trimestre, en raison de la concurrence féroce dans le secteur. Ses bénéfices ont fondu de 1,6 million à 842 000$ au deuxième trimestre, soit de 16 à 9 cents par action, malgré une légère progression des revenus à 6,2 millions.

Ce compagnon des petits matins avec plus de 350 établissements dans le pays tient ferme à 7,30$ en Bourse grâce à son gros dividende de 15 cents par action, un relent du temps où c'était une fiducie de revenus. Cette ristourne, pour autant qu'elle soit maintenue, procure un rendement de 8,2%. Aucun analyste ne s'intéresse à ce titre peu liquide, qui ne pèse après tout que 72 millionsen Bourse. Parmi les principaux actionnaires, mentionnons la chaîne de services alimentaires Cara à hauteur de 21% et le fondateur de celle-ci, M. Paul Phelan, avec près de 28% des actions en propre.

La raclée de Grenn Mountain

L'entreprise américaine qui est propriétaire de la marque québécoise de café Van Houtte depuis deux ans a subi une raclée plus sévère encore que Starbuck, après l'annonce de résultats en nette progression annuelle, mais néanmoins inférieurs aux attentes, au premier trimestre. Le titre de Green Mountain Coffee Roasters a perdu près de la moitié de sa valeur en quelques heures sur la Bourse Nasdaq. Il s'est encore replié de 7% depuis, jusqu'à coter 24,43$ US hier, alors que les chiffres du deuxième trimestre confirmaient le ralentissement appréhendé de la croissance.

Ses affaires vont pourtant bien: l'entreprise établie au Vermont a plus que triplé son chiffre d'affaires annuel de même que son bénéfice net, depuis trois ans. Les analystes sont cependant partagés entre recommander l'achat du titre ou de maintenir sa position. Ils craignent surtout l'arrivée de concurrents sur le marché du café en capsules, de même que l'échéance prochaine de brevets du système «K-Cup» qui est au coeur du modèle d'affaires de Green Mountain. C'est d'ailleurs l'association de Van Houtte à ce système K-Cup, à titre de sous-traitant au Canada, qui lui a valu l'intérêt de Green Mountain en 2010.

Le Manchester United

Le club de soccer anglais Manchester United a fait une entrée réussie hier matin à la Bourse de New York. C'est-à-dire qu'il n'a pas renoncé à la dernière minute, ne s'est pas écroulé, et n'a pas perturbé le système informatique.

Le titre a ouvert les échanges à 14,05$ US pour monter à 14,19$ et se replier rapidement à son prix d'émission où il s'est maintenant la majeure partie de la journée, manifestement soutenu par les courtiers ayant concocté ce premier appel public à l'épargne. Le prix d'introduction a été fixé jeudi soir par les courtiers émetteurs à 14$, soit dans le bas de la fourchette de prix escomptée. Le 30 juillet, le club avait annoncé une cible de 16 à 20$ US. Ils se contenteront d'un apport de 234 millions.

Cela porte à environ 2,9 milliards US la valorisation boursière du titre. Quelque 16,7 millions d'actions ont été portées à la cote, dont 8,3 millions de nouvelles actions et 8,3 millions d'actions appartenant au propriétaire du club, l'homme d'affaires américain Malcom Glazer.

Le club, l'un des plus populaires du monde, a choisi d'être coté au NYSE sous le sigle MANU.

Investiriez-vous dans un club sportif? On en discute sur le Blogue des marchés

à www.lapresse.ca/durivage

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer