Peut-on espérer un revirement en juin?

Le mois de mai a été pénible pour les investisseurs, et les premiers jours de... (Photo Reuters)

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Jean Gagnon., collaboration spéciale
La Presse

(Montréal) Le mois de mai a été pénible pour les investisseurs, et les premiers jours de juin ne sont guère plus encourageants. Bien qu'ils soient fortement survendus, les marchés boursiers ne montrent aucun signe de reprise, comme cela devrait être le cas après une baisse aussi prononcée que celle des dernières semaines. Pour l'instant, la situation européenne et les statistiques économiques décevantes aux États-Unis retiennent toute l'attention.

Toutefois, bien que les indices boursiers demeureront très volatiles pendant une autre semaine ou deux, les investisseurs ont tout intérêt à être aux aguets, croit Jean-René Adam, stratège adjoint chez Hexavest. L'occasion pourrait ensuite être belle pour ceux qui n'auront pas froid aux yeux, selon lui.

Mais encore une fois, il est probable qu'il faudra l'assistance des banques centrales pour qu'une embellie boursière se réalise.

En Europe, les Bourses ont plafonné au début du mois de mars, quelques semaines avant les marchés américains. Depuis trois mois, les Bourses allemande et française ont cédé 16% et 17% respectivement, alors que la Bourse italienne reculait de 25% et que le marché espagnol plongeait de 28%.

Du côté américain, le S&P 500 a reculé d'environ 10% depuis son sommet de 1420 atteint à la fin du mois de mars.

Alors que le sentiment des investisseurs devient de plus en plus négatif, les élections en Grèce le 17 juin et la réunion de la Réserve fédérale les 19 et 20 juin pourraient causer le revirement inespéré.

Des élections qui conduiraient à la formation d'un gouvernement grec pro-austérité pourraient calmer le jeu et repousser à plus tard les craintes d'un morcellement de l'euro.

Mais les investisseurs prévoient plutôt le contraire, soit que les élections confirment l'impasse dans laquelle se trouve la Grèce devant sa participation à la zone euro. La nervosité des marchés atteindrait alors son paroxysme. Mais en même temps, elle forcerait la Banque centrale européenne (BCE) à intervenir massivement, croit Jean-René Adam. Ce scénario permettrait de mettre fin à la déroute des marchés européens, car les investisseurs les plus aguerris s'empresseront de saisir l'occasion, selon lui.

Une intervention de la BCE est d'autant plus probable qu'elle pourrait être nécessaire également pour rétablir la confiance envers le système bancaire espagnol. À la suite des difficultés que connaît Bankia, le risque que les déposants retirent massivement leurs fonds des banques espagnoles demeure très présent, et pourrait menacer la stabilité financière de toute l'Europe.

La Fed sur le qui-vive

Au même moment, la Réserve fédérale (Fed) tiendra sa réunion de mi-année. Elle pourrait annoncer la mise en place d'un troisième programme d'assouplissement quantitatif (QE3).

La chute du S&P 500 semble vouloir s'accélérer. L'indice est en voie de pénétrer significativement sa moyenne mobile de 200 jours, soit un important niveau de support à moyen terme. Les participants aux marchés espèrent de plus en plus une nouvelle intervention de la banque centrale. Leur voeu pourrait être exaucé.

Alors que les statistiques économiques aux États-Unis, principalement en ce a trait à l'activité manufacturière et à la confiance des consommateurs, causaient de l'inquiétude depuis quelques semaines, la publication des chiffres de l'emploi vendredi dernier est venue confirmer la faiblesse de l'économie américaine. En plus d'annoncer que l'économie n'avait créé que 69 000 emplois en mai, le département du Travail a révisé à la baisse le nombre d'emplois créés lors des mois précédents, indique Paul-André Pinsonnault, économiste à la Financière Banque Nationale. «Il y a un mois, l'éventualité d'un QE3 semblait lointaine, mais les chiffres de l'emploi l'ont manifestement rapprochée», dit-il.

De plus, la Fed n'aura pas à se soucier de l'inflation pour quelques mois à la suite de la baisse prononcée du prix du pétrole qui est passé de plus de 107$ le baril à seulement 83$ durant le mois de mai seulement, ainsi que de la baisse des prix du blé et du cuivre, indique M. Pinsonnault.

Le président de la Fed, Ben Bernanke, s'adressera au Congrès jeudi. «Il pourrait profiter de cette tribune pour exprimer ses craintes quant à l'économie américaine et mettre la table pour l'annonce prochaine d'un QE3», dit l'économiste de la Financière.

 

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