Sauve-qui-peut sur les marchés face à l'aggravation de la crise

Les marchés ont connu une nouvelle journée de déprime vendredi après de ... (Photo: AP)

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Agence France-Presse
Paris

Les marchés ont connu une nouvelle journée de déprime vendredi après de mauvais indicateurs aux États-Unis, ultime mauvaise nouvelle d'une journée et d'une semaine pourtant déjà riche en la matière.

Les Bourses européennes ont brutalement décroché vendredi après-midi, avant de se ressaisir légèrement pour certaines, pour terminer néanmoins toutes dans le rouge. L'euro a également accusé le coup juste après l'annonce d'une remontée du taux de chômage américain en mai, confirmant la fragilité de la croissance aux États-Unis.

À la clôture, la Bourse de Francfort affichait une chute de 3,42%, la Bourse de Paris perdait 2,21%. et Londres cédait 1,14%. À Wall Street, le Dow Jones ouvrait en baisse de près de 1%. La Bourse d'Athènes, épicentre de la crise dans la zone euro, a chuté elle de plus de 4%, entraînée par la dégringolade des autres places européennes.

L'euro a suivi le mouvement, tombant sous la barre des 1,23 dollar, du jamais vu depuis début juillet 2010, avant de se reprendre légèrement, frôlant vers 17H45 les 1,24 dollar.

Le taux de chômage des États-Unis est remonté en mai pour la première fois en un an, pour s'établir à 8,2%, alors que les embauches progressaient à leur rythme le plus faible en douze mois.

Les places européennes avaient déjà toutes pris un mauvais départ vendredi, affectées par une accumulation de mauvaises statistiques en Europe alors que les interrogations sur l'avenir de la zone euro restent toujours aussi vives.

L'activité du secteur manufacturier s'est ainsi fortement contracté en mai dans la zone euro, retombant à son plus faible niveau depuis l'été 2009 et le taux de chômage dans la zone euro a atteint en avril le niveau record de 11%.

À cela s'ajoutent des inquiétudes sur les économies émergentes, Chine en tête, qui commencent à souffrir de la récession en Europe. Idem en Inde où la croissance a sévèrement ralenti au dernier trimestre 2011-12, progressant de 5,3% sur un an, selon des données publiées jeudi, les plus faibles depuis près de dix ans.

Le Brésil n'a pas fait mieux, annonçant vendredi un ralentissement de sa croissance plus important que prévu, avec un maigre 0,2% au premier trimestre par rapport au dernier trimestre 2011.

Dans ce contexte morose, les chiffres du chômage américain sont venus confirmer s'il en est encore besoin, le ralentissement de l'économie mondiale. «Les États-Unis sont en train de subir les conséquences de la récession en Europe, tout comme la Chine et les pays émergents», précise Yves Marçais, vendeur d'actions chez Global Equities.

Mais c'est surtout la crise qui n'en finit de s'aggraver dans la zone euro qui inquiète les investisseurs au plus haut point.

«Le marché attend un électrochoc de la part des responsables politiques et économiques européens, seul moyen de redresser la barre», commente ainsi Alexandre Baradez, analyste chez Saxo Banque.

«Pour le moment, il n'y a aucune réaction et les investisseurs soldent ainsi logiquement tous leurs actifs risqués en zone euro pour se réfugier vers des placements plus sûrs. Cette tendance perdurera tant qu'ils n'auront pas une vision plus claire de la situation en Europe», a-t-il estimé.

Résultat, jamais les taux des emprunts allemands et français n'ont été aussi bas.

Vers 17H45, le rendement à 10 ans de l'obligation allemande de référence (Bund) reculait à 1,173% contre 1,199% la veille à la clôture. Le taux de l'obligation française de même échéance tombait à 2,254% contre 2,348% la veille. Des records depuis la création de la zone euro.

Dans la foulée, les taux à 10 ans des bons du Trésor américain ont atteint un nouveau plus bas à 1,439% avant de remonter légèrement à 1,471% contre 1,560% à la clôture. Le marché reste focalisé sur la crise en zone euro qui entraîne une aversion pour tous les actifs considérés comme risqués et une ruée sur ceux jugés plus sûrs, comme les titres américains, voire britanniques.

À l'inverse, les taux à 10 ans espagnols restaient vendredi fermement ancrés au-dessus de la barre des 6%.

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