«Je ne crois pas au «market-timing»

Partage

Partager par courriel
Taille de police
Imprimer la page

Chaque samedi, un financier différent répond à nos questions. Il donne sa lecture des marchés, offre son point de vue sur la Bourse et lance quelques conseils d'investissement. Cette semaine, Stéphane Préfontaine, de Préfontaine Capital.

Quel est l'événement le plus significatif des derniers jours à la Bourse?

Le partenariat entre Microsoft et Yahoo! annoncé mercredi: l'avenir de Microsoft à long terme dépend de la façon dont elle va positionner ses énormes réserves d'encaisse. Il s'agit d'un partenariat très favorable pour Microsoft. Le marché de la publicité avait besoin d'un deuxième joueur fort comme alternative à Google. Il faudra maintenant voir l'intérêt que suscitera Bing face à Google auprès des internautes.

Quel indicateur surveillez-vous le plus attentivement en ce moment?

Je ne crois pas au «market-timing», ce qui veut dire que je ne recommande pas qu'un investisseur se serve de ces interprétations ou prévisions macro-économiques ponctuelles. Il ne faut pas se servir de ce qui s'est passé dans la dernière semaine pour prendre des décisions d'investissement. Il s'agit d'une distraction mentale. On peut par contre regarder des tendances à long terme ou des déséquilibres majeurs. Dans cette catégorie, je place les risques de forte inflation et de dévaluation du dollar US. Il s'agit d'un risque et non pas d'une certitude. Il faut bien faire attention. Ça va se jouer après la récession et dépendre de la façon dont les autorités monétaires américaines vont jouer leurs cartes.

Que feriez-vous avec 10 000$ à investir?

Ça dépend toujours d'où en est mon portefeuille dans ma politique de placement. Donc en fonction de mon âge, ma tolérance au risque, mes besoins et de mon horizon d'investissement. Ceci dit, je tente de bâtir pour mes clients un contrepoids au risque d'inflation et de dévaluation du dollar américain. Il n'y a pas une solution miracle. Certains vont opter pour l'or. Moi, je penche vers le producteur d'engrais Potash Corp, car pense que la position concurrentielle de Potash Corp est nettement supérieure à celle de ses rivaux. Je pense aussi qu'il va y avoir un déséquilibre entre l'offre et la demande dans plusieurs années. C'est pourquoi il ne faut pas songer à investir dans Potash Corp sur une courte période car ça peut être très volatile. Il faut le regarder sur cinq à sept ans. Je ne recommanderais pas ça comme investissement tant que ce n'est pas dans le cadre d'un portefeuille équilibré.

Quel placement faut-il éviter?

Il faut éviter les entreprises très endettées qui n'ont pas un véritable avantage concurrentiel. Car au moindre signe que la récession se poursuit, vous risquez de perdre votre capital. Je pense notamment à certaines entreprises de transport par camion aux États-Unis qui ont beaucoup de frais fixes et qui sont très endettées.

Qu'est-ce que les marchés sous-estiment le plus en ce moment?

Les marchés sous-estiment toujours les facteurs à plus long terme car leur vision est toujours très courte (environ six à douze mois). C'est difficile de regarder à plus long terme car il y a énormément de pression pour observer le court terme. Plus les firmes de courtage imposent la vision à court terme, plus ces firmes font de l'argent car ils génèrent des revenus avec les transactions. Regarder à plus long terme demande de la patience et de la discipline, mais il faut le faire. Stéphane Préfontaine est président de Préfontaine Capital. Il est responsable d'environ 50 millions de dollars d'actifs sous gestion. Avant de fonder Préfontaine Capital il y a cinq ans, il a travaillé cinq ans chez Montrusco Bolton. Auparavant, il avait travaillé chez UAP, un distributeur de pièces d'auto qui appartenait à la famille Préfontaine jusqu'à sa vente en 1998. Stéphane Préfontaine est un investisseur qui favorise le «value-investment» à la Warren Buffett.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer