À quand un commanditaire sur le chandail du Tricolore?

(Montréal) Le jour n'est peut-être plus si loin où le logo d'un commanditaire ornera le mythique chandail du Canadien de Montréal. «Ce n'est qu'une question de temps», dit Ray Lalonde, son ancien directeur du marketing.

La semaine dernière à New York, les propriétaires de la National Basketball Association (NBA) ont discuté en vue de permettre les logos de commanditaires sur les chandails de matchs de leurs équipes. La NBA deviendrait ainsi la première des quatre ligues de sport les plus importantes en Amérique du Nord à permettre les commanditaires sur les chandails, à l'instar du soccer et du sport automobile. Les logos de commanditaires sont actuellement interdits sur les chandails de matchs dans la National Football League (NFL), le baseball majeur, la Ligue nationale de hockey (LNH) et la NBA. Son circuit féminin, la Women's National Baskeball Association (WNBA), les permet toutefois depuis 2009.

«Peut-être que certains de nos partisans vont penser que nous avons perdu la tête, mais la NBA est une entreprise mondiale et cette pratique est bien établie dans d'autres sports ailleurs qu'aux États-Unis. Les réactions des propriétaires [à la présentation de la NBA sur la question] allaient de «il ne faut jamais faire ça» à «pourquoi on n'y pense pas pour la saison prochaine»», a indiqué le commissaire adjoint de la NBA, Adam Silver, par courriel au New York Times.

La LNH semble moins pressée que la NBA de débattre la question. «C'est un sujet qui revient dans nos discussions de temps en temps, mais nous n'envisageons pas cette option présentement, notamment en raison de l'histoire de certains de nos chandails», dit Gary Meagher, porte-parole de la LNH.

Les équipes de la LNH peuvent porter le logo d'un commanditaire sur leur chandail d'entraînement. La saison dernière, le Canadien (Subway) et les Maple Leafs de Toronto (Purolator) l'ont fait. Le président du Tricolore, Geoff Molson, doute que le mythique chandail bleu-blanc-rouge subisse le même sort à court terme. «Nous ne voulons pas dénaturer le logo. Nous avons des sources de revenus et de profits suffisants. Nous voulons préserver les chandails classiques que nous avons dans la LNH. Les autres grandes ligues nord-américaines ne sont pas rendues là non plus. Ça me surprendrait de voir un commanditaire remplacer un logo des Patriots de la Nouvelle-Angleterre, mais on ne sait jamais», a dit Geoff Molson en octobre dernier au cours d'une conférence d'Infopresse. Le Canadien de Montréal n'a pas voulu commenter le dossier hier.

Son ancien directeur du marketing croit toutefois que ce n'est qu'une question de temps avant qu'un commanditaire se fraye un chemin sur le chandail du Tricolore. «On va le voir d'ici 10 ans. Il y a une dizaine d'années, quand je travaillais dans la NBA, la ligue ne permettait même pas le logo du fabricant du chandail», dit Ray Lalonde, maintenant président des Alouettes de Montréal qui arborent le logo de leur commanditaire RONA sur leurs chandails de matchs. «Toutes les ligues discutent de cette question depuis des années, dit Ray Lalonde. Dans la LNH, les six équipes originales [dont le Canadien] sont celles qui hésiteront probablement le plus en raison de leur tradition, mais ce sont aussi celles-là qui pourraient bénéficier le plus de l'arrivée d'un logo.»

Bruno Delorme, professeur de marketing sportif de l'Université Concordia, croit qu'un logo pourrait apparaître sur le chandail du Canadien «d'ici de trois à cinq ans, d'autant plus que ça se fait déjà en Europe». L'entente de logo la plus lucrative du sport professionnel? La compagnie d'assurances Aon paie 30 millions US par année notamment pour avoir son logo sur le chandail de Manchester United, l'équipe sportive la plus riche au monde.

Man U, l'équipe la plus riche

Éliminée au premier tour de la Ligue des Champions, Manchester United gagnera tout de même un titre cette année, celui de l'équipe de sport professionnel la plus riche du monde.

Selon Forbes, Man U vaut 2,24 milliards US, soit une hausse de 20% par rapport à l'an dernier. L'équipe de soccer a généré des profits de 178 millions US sur des revenus de 532 millions US.

«La récession n'a pas touché la Premiership, dit Mike Ozanian, auteur de l'étude de Forbes. En plus, les revenus commerciaux de Man U ont augmenté de 16% l'an dernier. C'est une source de revenus importante car elle ne varie pas selon vos performances sur le terrain.»

Après Man U, les équipes de soccer les plus riches sont le Real Madrid (1,88 milliard), le FC Barcelone (1,31 milliard), Arsenal (1,29 milliard) et le Bayern Munich (1,24 milliard).

Les Yankees de New York (1,85 milliard) sont les plus riches au baseball, les Cowboys de Dallas (1,85 milliard) au football, les Lakers de Los Angeles (900 millions) au basket et les Maple Leafs de Toronto (521 millions) au hockey.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer