Google s'enracine au Québec

Les Québécois sont parmi les internautes les plus actifs du monde, mais les... (Photo AP)

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(Montréal) Les Québécois sont parmi les internautes les plus actifs du monde, mais les entreprises de la province, elles, sont largement en retard dans leur utilisation du web. Il n'en fallait pas plus pour que Google y voie une occasion d'affaires et multiplie ses offensives ici.

«Si je compare aux États-Unis, les entreprises sont de trois à cinq ans en arrière ici. Ça crée plein d'occasions», a expliqué Nicolas Darveau-Garneau, nouveau directeur général de Google Québec entré en poste il y a cinq mois.

M. Darveau-Garneau a profité de l'inauguration officielle des nouveaux locaux de Google à Montréal, hier, pour expliquer sa stratégie d'affaires.

Une statistique le motive: le Québécois moyen passe 40% du temps qu'il accorde aux médias sur l'internet, mais seulement de 15 à 16% des dépenses publicitaires des entreprises québécoises sont faites sur le web. Bref, la demande pour la publicité surpasse outrageusement l'offre.

«L'entreprise québécoise moyenne ne parle pas à son consommateur là où il se trouve. On veut les aider à faire le virage numérique en marketing. Si trois ou quatre sociétés importantes font ce virage, on se dit que les autres grandes entreprises et les PME vont suivre», explique M. Darveau-Garneau.

C'est dans cet esprit que Google Montréal, jadis un bureau de recherche et développement, vient de monter une équipe de ventes en bonne et due forme qui compte pour l'instant une dizaine de personnes.

Sur l'avenue McGill

À cela s'ajoute l'équipe de recherche et développement, dont les programmeurs planchent sur la mise au point du navigateur Chrome et sur des moyens de contrer les logiciels malveillants sur le web. En tout, c'est donc une cinquantaine de personnes qui travaillent chez Google à Montréal.

Et oubliez les paravents gris et le tapis brun: Google étant Google, les nouveaux locaux dévoilés officiellement hier en présence du premier ministre Jean Charest sont à faire rêver n'importe quel travailleur.

Google, qui a plus que triplé sa superficie, a installé un mur d'escalade translucide reliant les deux étages qu'elle occupe dans ses bureaux de l'avenue McGill. Au milieu du deuxième étage trône un studio d'enregistrement insonorisé avec batterie, guitares et claviers. Lors de notre passage, un batteur et un bassiste y faisaient un petit jam impromptu.

C'est pour les besoins de l'entreprise, ce studio? «Non, c'est pour le fun», répond le patron de l'endroit.

Le premier ministre Jean Charest, suivi à la trace par des étudiants qui ont manifesté devant les locaux de Google, a souligné que les technologies de l'information comptent pour 13% du PIB québécois.

Selon le patron Nicolas Darveau-Garneau, un entrepreneur en série qui roulait sa bosse dans la Silicon Valley avant d'être sondé par Google, la présence du Québécois Patrick Pichette à la tête des finances de Google n'est pas étrangère à la croissance du bureau montréalais.

«Patrick et Chris [O'Neill, président de Google Canada] comprennent que pour faire des affaires au Québec, il faut être sur place, a-t-il dit. On est choyés chez Google d'avoir cette sensibilité pour le Québec.»

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