Banque du Canada: un statu quo bordé de nuances

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark... (Photo: PC)

Agrandir

Photo: PC

Le gouverneur de la Banque du Canada, Mark Carney.

Personne n'ose douter que la Banque du Canada déroge demain de sa volonté de reconduire son taux directeur pendant encore plusieurs mois.

Le taux cible de financement à un jour est fixé à 1% depuis septembre 2010 et la quasi-totalité des prévisionnistes pensent qu'il en sera ainsi au moins jusqu'à l'automne.

Les autres croient encore que les autorités monétaires pourraient l'abaisser de quelques quarts de point, compte tenu de la dégradation de la conjoncture internationale.

Ils sont toutefois moins nombreux dans ce camp qu'en octobre, date de la dernière mouture du Rapport sur la politique monétaire (RPM) dans lequel la Banque présente son scénario économique et financier sur lequel s'appuie sa décision de fixer le taux directeur.

Certes, la crise de la dette souveraine européenne s'est aggravée, jusqu'à la conclusion du pacte fiscal en décembre. Tous les membres de l'Union européenne y ont adhéré, à l'exception du Royaume-Uni, «of course».

Même si l'année a plutôt bien commencé, de graves remous sont prévisibles de sorte que les partisans de la loi de Murphy restent nombreux chez les investisseurs et les spéculateurs.

La Chine a aussi de quoi inquiéter. Réussira-t-elle son atterrissage en douceur?

Et puis, que dire du joker pas rigolo du tout que représente l'Iran?

Mais les optimistes prudents considéreront aussi des signes d'amélioration de l'économie américaine. La Banque, faut-il le rappeler, avait en octobre fait l'hypothèse que le Congrès ne prolongerait pas la baisse de 2% du prélèvement pour la sécurité sociale sur les salaires et l'admissibilité aux primes d'assurance-emploi.

Elle sont pourtant prolongées jusqu'à la fin février. On voit mal les républicains s'y opposer pour le reste de l'année alors que les élections primaires pour trouver un opposant à Barack Obama battent leur plein.

Exportations vers la É.-U.

Le rebond des exportations canadiennes vers les États-Unis en novembre et l'amélioration de son marché du travail durant tout l'automne indiquent peut-être que la première économie du monde regagne du tonus, ce que la nouvelle mouture du RPM devra refléter.

Elle devra aussi ajuster à la hausse la croissance canadienne. En octobre, la Banque tablait sur un gain annualisé de 2,0% et de 0,8% aux troisième et quatrième trimestres de 2011. Pour l'été, ce fut plutôt 3,5% et pour l'automne, ç'aura sans doute été plus près des 2%.

Il est arrivé par le passé que la Banque ne fasse qu'ajuster ses chiffres sans changer sa perspective sur le moyen terme. Cela signifierait qu'en reconnaissant qu'elle a sous-estimé le rebond du deuxième semestre, elle affaiblisse sa prévision pour l'année en cours. Pour l'hiver, elle table sur un gain de 1,9% fondé sur une sous-estimation probable de la croissance américaine.

Il y a aussi un autre argument déterminant qui milite pour le statu quo. L'inflation risque de ralentir moins vite qu'elle ne l'escomptait en octobre. Elle voit son rythme ralentir à 1,9% cet hiver et à 1,0% au printemps.

Pour ce faire, elle s'appuyait sur le prix des contrats à terme du baril de pétrole WTI à 87$ américains. Vendredi, il était plutôt de 98$, ce qui n'incitera guère les stations-services à réduire le prix du litre d'essence.

Enfin, si les sceptiques ne sont pas encore confondus, comme le disait si bien le capitaine Bonhomme, le marché de l'habitation reste très actif et cher, au point où on craint l'éclatement d'une bulle à Toronto et à Vancouver. L'endettement record des ménages, qui inquiète les autorités monétaires au plus haut point n'a pas diminué. Ce n'est rien pour les inciter à stimuler davantage le crédit par une baisse de taux.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer