Le scientifique en chef veut changer les mentalités

Que les chercheurs du Québec soient rassurés: Rémi Quirion n'entend pas nuire à la recherche fondamentale. Le tout premier scientifique en chef du Québec souhaite toutefois changer les mentalités et inviter le privé à participer beaucoup plus à la recherche universitaire.

Rémi Quirion a prononcé hier sa première allocution publique en tant que scientifique en chef du Québec dans le cadre du Rendez-vous du savoir devant une salle comble de la chambre de commerce du Montréal métropolitain.

Appelé à commenter une lettre ouverte publiée hier dans le quotidien Le Devoir et signée par plus de 85 chercheurs québécois, Rémi Quirion a souhaité calmer le jeu. «On me reproche de m'adresser d'abords à des gens d'affaires, mais le Rendez-vous du savoir regroupe autant des universitaires que des gens de l'industrie.»

Les signataires reprochent entre autres à Rémi Quirion de donner l'impression de «graduellement remplacer par des intérêts économiques les valeurs qui fondent la recherche scientifique».

«La recherche libre est essentielle, et les budgets qui lui sont alloués resteront inchangés. La semaine des prix Nobel nous rappelle justement que les découvertes fondamentales conduisent parfois à des débouchés économiquement rentables seulement plusieurs années plus tard. Pour être certain d'avoir de l'innovation, il faut à la base de la recherche libre», réplique le scientifique en chef du Québec.

Rémi Quirion préside depuis le 6 septembre dernier les Fonds de recherche du Québec, une entité qui chapeaute trois fonds distincts: santé, nature et technologies, et société et culture. Au cours de son mandat de cinq ans, il entend maintenir les budgets alloués à la recherche fondamentale, mais aussi augmenter ceux consacrés aux partenariats entre les universités et le privé. À terme, il souhaite voir le budget de chaque fonds doubler pour atteindre un total de 400 millions de dollars.

Changer les cultures

Invités mercredi dernier à débattre de coopération entre les universités et les entreprises dans le cadre du Rendez-vous du savoir, les recteurs de deux universités québécoises et trois panélistes de l'industrie ont mis de l'avant leur désir de voir les mentalités se transformer. «Il y a présentement trois problèmes à résoudre: un de culture, un de structure et un autre de courtage. À l'Université, on perçoit les entreprises comme des entités strictement à la recherche de bonnes idées alors que l'industrie cache son jeu et ne souhaite pas faire savoir ce qu'elle fait. Il faut miser sur les entremetteurs pour lier ceux qui découvrent, et ceux qui ont le capital à investir», a souligné Guy Breton, recteur de l'Université de Montréal.

Partager

publicité

publicité

publicité

publicité

publicité

image title
Fermer